La Cour d’Assises condamne Rachid Sahari à 25 ans pour viol aggravé sur conjoint avec torture et actes de barbarie

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La cour d'Assises, à Saint-Denis.
Les jurés ont suivi les réquisitions en condamnant Johan Maruejouls à 20 ans de prison, un verdict modéré qui convient aux deux partis. ©IMAZ PRESS
Ce vendredi 8 octobre, Rachid Sahari a été condamné par la cour d’Assises à 25 ans de prison. Il comparaissait pour viol aggravé sur conjoint avec torture et actes de barbarie.

La cour d’Assises a rendu son verdict ce vendredi 8 octobre. Rachid Sahari est condamné à 25 ans de prison pour viol sur conjoint avec torture et actes de barbarie. Il encourait la réclusion criminelle à perpétuité.

Depuis 2017, c’est la troisième fois que Rachid Sahari comparaissait devant la cour d’Assises. En 2019, il avait fait un pourvoi en cassation, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français.

30 ans, puis 25 ans de réclusion criminelle

Condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance, puis à 25 ans en appel, l’homme de 47 ans n’était toujours pas satisfait de ce verdict. La cour de cassation, qui ne juge pas le fond mais la forme, avait cassé le verdict.

Aujourd'hui, Rachid Sahari est de nouveau condamné, cette fois à 25 ans pour des faits de viol aggravé sur conjoint avec torture et actes de barbarie. Une peine assortie d'une sûreté des deux tiers de la condamnation et d'un suivi socio-judiciaire de 10 ans. Il a interdiction de se rendre dans l'Hérault à sa sortie de prison et est déchu de ses droits parentaux. 

Ce vendredi matin, l'avocate générale avait requis 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une peine de sûreté de 20 ans. Elle a également demandé le retrait total de son autorité parentale. Par ailleurs, l'avocate générale a demandé l'interdiction pour lui d'entrer en contact avec la victime ainsi que de se rendre dans l'Hérault à sa sortie de prison. 

Une dernière audience perturbée

Ce matin, les débats ont été suspendus durant près d'une heure. Rachid Sahari disait se sentir mal, qu'il avait envie de vomir. Certains pointent du doigt une manoeuvre de la part de l'accusé alors que se profilait la dernière ligne droite de son procès.

Rachid Sahari, par la voix de son avocat, a tenté une nouvelle fois ce vendredi de trouver une incidence de procédure, notamment en pointant du doigt le fait que certains témoins n'aient pas été entendus. Selon lui, "tout n'aurait pas été dit."

Redire c'est revivre tout le vécu, faire remonter à la surface toutes les blessures.

Maître Marie Briot, avocate de la partie civile

 

Pour maître Marie Briot, avocate de la partie civile, la victime Delphine Sibieta vit toujours dans la peur quatre ans après les faits. Le travail de reconstitution n'a pas encore commencé. L'avocate a décrit Rachid Sahari comme un "manipulateur" qu'il "faut mettre hors d'état de nuire". 

Huit ans de violences

La victime, Delphine Sibieta, a dû refaire le voyage de métropole pour La Réunion pour affronter une nouvelle fois son bourreau devant la cour d’Assises. Poignard, radiateur électrique, lampe : pendant huit ans, Rachid Sahari a utilisé tout ce qui lui passait sous la main pour frapper sa compagne. Des coups infligés régulièrement.

D’ailleurs, le médecin légiste a relevé des plaies aux oreilles, des ecchymoses à l’œil, des cicatrices sur tout le corps par armes blanches, ou encore une incisive en moins après un coup donné avec une planche.

La jeune femme vivait sous l’emprise du père de ses enfants. Depuis le début, Rachid Sahari nie farouchement les faits qui lui sont reprochés.