Le Manta, le voilier géant pour lutter contre la pollution plastique basé à La Réunion ?

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Bateau Le Manta collecte déchets plastiques océans association The SeaCleaners 190221
Le bateau "Le Manta" sera capable de collecter et traiter les déchets plastiques qui flottent sur les océans. ©The SeaCleaners

Le grand navigateur Yvan Bourgnon fait escale à La Réunion. Le skiper franco-suisse veut créer un bateau capable de recueillir et traiter les déchets plastiques qui flottent sur les océans. Il est venu implantée une antenne de son association The SeaCleaners à La Réunion.

Le Manta, un voilier géant, sera le premier bateau-usine capable de collecter, traiter et valoriser les déchets plastiques qui flottent sur les océans. Yvan Bourgnon, le navigateur franco-suisse aux multiples records, a décidé de réagir en initiant ce projet avec l’association The SeaCleaners.

" Je navigue aux Maldives, là où j’étais passé petit il y a 33 ans, et je me rends compte que la mer est hyper polluée avec des plastiques à perte de vue, que je passe des journées entières à enlever des sacs plastiques de mes gouvernails et là je suis écœuré. En 2014, je reviens en France et là on décide de lancer l’association The SeaCleaners et de dire comment on peut faire pour lutter contre ce fléau. "

Yvan Bourgnon, navigateur et président de The SeaCleaners

Un bateau-usine autonome

Le Manta peut collecter 5 000 à 10 000 tonnes de plastiques par an, à raison de 1 à 3 tonnes par heure, explique Yvan Bourgnon. Des tapis roulants font remonter les déchets à l’intérieur du bateau.

Une usine embarquée traite ensuite 100% des déchets, par pyrolyse. Le plastique ainsi fondu à haute température, transformé en électricité. Cela permet au bateau d’être autonome en énergie à près de 75%. La collecte peut se faire près de 360 jours par an, avec 34 membres d’équipage à bord.

Lever des fonds pour un premier bateau en 2024

9 à 12 millions de tonnes de plastiques sont déversées chaque année dans les mers du globe. Le skiper veut montrer qu’il est possible de les traiter. En deux ans, il a déjà réuni le tiers du budget, soit 13 millions d’euros, pour commencer la construction du Manta.

Après l’Europe, il fait le tour des territoires ultramarins à la recherche de bonnes volontés. A La Réunion, le navigateur veut voir comment des entreprises peuvent participer à ce projet. Le territoire est en plus une place stratégique dans l’Océan Indien.

La Réunion comme port d’attache ?

Le 1er Manta sera lancé en 2024, annonce Yvan Bourgnon. Il pourrait être basé à La Réunion pour rayonner sur toute l’Asie et l’Afrique.

" L’idée est d’avoir des centaines de bateaux de ce type, donc il y aura forcément un jour un dans les premiers qui arrivera dans la zone et on serait très heureux que ce soit à La Réunion. "

Yvan Bourgnon

Reportage de Réunion la 1ère.

Yvan Bourgnon veut ramasser les déchets plastiques en mer avec un voilier, le navigateur est à La Réunion ©Réunion la 1ère

L’association s’implante à La Réunion

Le Manta est le volet le plus spectaculaire de The SeaCleaners. L’association recrute aussi des volontaires pour travailler à la sensibilisation et à la prévention. L’association dispose de 13 délégations régionales en France, avec près de 1 000 bénévoles.

Désormais, c’est à La Réunion, en Martinique ou encore en Guadeloupe que l’association The SeaCleaners tente de s’implanter. Un délégué régional sera choisi dans les prochaines semaines, et des bénévoles. Il s’agira de faire un travail efficace sur les plastiques, à la fois à terre et sur mer.

Le Manta sera le bateau de tous, promet Yvan Bourgnon. L’objectif est qu’il ouvre la voie pour des collectivités, des entreprises et des Etats s’emparent du problème.