Lycée Roland Garros au Tampon : la rectrice lance la semaine "Larg pas lékol"

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"Larg pas lékol", c'est le slogan du Rectorat pour cette semaine de la persévérance ©Laurent Pirotte

Valoriser l’engagement des acteurs sur le thème de la prévention du décrochage scolaire et mobiliser la communauté éducative autour des jeunes et de leur réussite. C’était l’objectif du séminaire académique organisé ce mercredi 7 avril, au lycée Roland Garros du Tampon.

Initiée dans le cadre du plan interministériel « Tous mobilisés pour vaincre le décrochage scolaire », la semaine de la persévérance scolaire se tient cette année du 6 au 10 avril. A La Réunion, cette manifestation a été lancée par la rectrice Chantal Manès-Bonnisseau, lors d’une visite au lycée Roland Garros du Tampon, ce mercredi 7 avril.

Un déplacement au cours duquel la rectrice d’académie est d’abord partie à la rencontre des jeunes de 16 à 18 ans de la classe de prépa-FOQUALE, avant de présider le séminaire académique organisé lors de cette journée.  

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La rectrice d'académie Chantal Manès-Bonnisseau rencontre les jeunes de la classe prépa-FOQUALE ©Laurent Pirotte

Un taux de décrocheurs supérieur à la moyenne nationale

Chaque année, trop de jeunes de 16 à 18 ans quittent l’école sans diplôme ni qualification. Ce phénomène est particulièrement marqué dans l’académie, qui a un taux de décrochage significativement plus élevé que la moyenne nationale sur la voie professionnelle. Le contact précoce avec les jeunes décrocheurs, dans les semaines et les mois qui suivent le décrochage, permet souvent un retour vers la formation initiale, qu’elle soit sous statut scolaire ou par apprentissage.

Un dispositif spécifique « Formation Qualification Emploi » (ou réseaux FOQUALE) a été mis en place au niveau national en avril 2013, afin de reprendre contact au moment de la rentrée scolaire avec des jeunes ayant abandonné leurs études avant l’obtention de leur diplôme et ne s’étant pas réinscrits dans un établissement public ou privé sous contrat, relevant du ministère de l'éducation nationale ou du ministère de l'agriculture, ni dans un centre de formation d'apprentis (CFA).

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En 2019-220, sur 1379 jeunes repérés en rupture avec l'école, 1031 ont réintégré un parcours d'insertion ©Laurent Pirotte

Certaines catégories de décrocheurs sont plus sensibles à cette prise en charge rapide, il s’agit notamment :

- Des jeunes mineurs pour qui les solutions de formation initiale, quel que soit le statut est la seule envisageable.

- Des jeunes proches de la qualification (ayant échoué à l’examen).

- Des mères de familles ayant une rupture de scolarité pour cause de maternité.

Les quatre réseaux FOQUALE de l’académie ont pour objectif de trouver des solutions pour ces jeunes. Coordonnés par un chef d’établissement, un directeur de Centre d’Information et d’Orientation (CIO) et un animateur de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS), s’appuyant sur les personnels (psychologue de l’éducation nationale et personnels du réseau de la MLDS), ils accompagnent ces jeunes, afin de leur proposer une reprise de formation en établissement scolaire ou dans le cadre de l’apprentissage.

Une fois rescolarisés, ces  jeunes sont suivis par le référent décrochage scolaire de l’établissement afin d’accroître leur chance de réussite.

L'épidémie de COVID-19 freine la dynamique

En 2019-2020, l’action concertée des réseaux FOQUALE a permis le retour et le maintien en formation initiale de 1 031 jeunes, pour 1 379 en rupture avec l’école ou repérés sans solution.

Parmi eux, 314 sont retournés en formation initiale : 48 dans la filière générale et technologique et 266 dans la filière professionnelle et les dispositifs de la MLDS.

A La Réunion, 17 établissements se sont positionnés afin d’être dotés de ce type d’accompagnement. Ils concentrent 65 % du nombre de décrocheurs sur le plan académique pour l’année 2019-2020 avec plus de 950 lycéens accompagnés, contre 1 250 l’année scolaire précédente.

Une baisse qui est sans doute la conséquence des effets induit de la pandémie qui a vu, avec la période de fermeture des établissements scolaires de mars à mai 2020, le temps d’accueil en présentiel en termes d’entretien d’accompagnement réduit significativement.

Des actions pour valoriser l'accrochage scolaire

Cette semaine de la persévérance « Larg pas lékol », elle a pour objectif de valoriser le travail mené tout au long de l’année en matière de prévention et de lutte contre le décrochage, et mobiliser la communauté pédagogique et éducative, les parents, les jeunes et les autres parties prenantes.

Plusieurs animations sont proposées pendant la semaine. Elles se déroulent à plusieurs niveaux :

- à l’initiative d’un collège ou d’un lycée : au moins une action en direction des élèves, des personnels et des familles (animations sur le thème de la persévérance scolaire lors des réunions de parents d’élèves, présentations de l’environnement numérique de travail (ENT) accessible aux parents et des différentes applications permettant aux élèves de construire leur parcours d’orientation (FOLIOS), présentations des expérimentations de prévention du décrochage de l’école ou de l’établissement, rencontres avec les accompagnateurs médiateurs dans les établissements où ils interviennent, etc.

- au niveau académique : une réflexion est en cours afin d’intégrer lors de cette semaine un focus sur les enjeux de la prise en charge de l’obligation de formation pour les jeunes de 16 à 18 ans de l’académie. Une réflexion qui s’est traduite par le séminaire académique de ce mercredi au lycée Roland Garros.

Voir ou revoir le reportage de Laurent Pirotte

« Larg pas Lékol » : un message adressé aux jeunes en décrochage scolaire

 

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