Maloya : la musique traditionnelle de La Réunion fête ses 12 ans d’inscription au patrimoine de l’Unesco

océan indien
Quand Chloé kraz un maloya au sommet du Piton des neiges pour le 20 Désamn
Quand Chloé kraz un maloya au sommet du Piton des neiges pour le 20 Désamn. ©Capture d'écran
Depuis le 1er octobre 2009, le Maloya figure au patrimoine immatériel de l’Unesco. Une reconnaissance mondiale qui se fête chaque année depuis. L’occasion de rappeler l’origine et l’engagement de cette musique traditionnelle.

Cela fera 12 ans, le 1er octobre, que le Maloya est inscrit au patrimoine de l’humanité. Une reconnaissance mondiale d’une musique traditionnelle qui a été contrainte de se battre durant des années pour subsister.

Le Maloya, une forme d’expression jugée subversive qui devient symbole identitaire

Le Maloya est arrivé à La Réunion, en provenance d’Afrique et de Madagascar, durant l’esclavage. La musique rythmée servait alors à exprimer la douleur et la révolte des esclaves lors de cérémonies où étaient invoqués les esprits des ancêtres. Au son de leurs pas de danse qui martelaient la terre, ils traduisaient la colère qui grondait dans les plantations sucrières.

Au fil des années, le Maloya se métisse et s’approprie la culture des indiens engagés. Il devient alors un style musical propre à La Réunion. Une musique confidentielle, jugée subversive, souvent utilisée dans les années 70 et 80, pour exprimer des revendications politiques. Il est mal vu à l’époque de pratiquer le Maloya, que l’on soit artiste ou amateur de musique, et les autorités le répriment sévèrement.

Symbole de résistance, mais aussi de fraternité et de vivre-ensemble, le Maloya devra attendre les années 90 avant de revenir sur le devant de la scène, au sens littéral du terme. Un style musical qui trouvera écho dans les cœurs et les esprits pour devenir l’image même de l’identité réunionnaise.

Un anniversaire synonyme de transmission

Si aujourd’hui, le Maloya a toute sa place dans le paysage musical, que ce soit à La Réunion où à travers le monde grâce aux artistes comme Lindigo, Danyel Waro ou encore Davy Sicard, nombreux sont ceux qui ignorent encore ses origines et son but initial.

Ainsi, afin de célébrer la date anniversaire de l’inscription du Maloya au patrimoine immatériel de l’Unesco, de nombreuses animations ont lieu dans l’île afin de transmettre son histoire et sa culture.

I fé parti de nout zistoir, i fau vraiment transmet a li aux marmailles (…) savoir oussa nou sort 

Diana Toave, artiste

 

Ce matin, à l’école Julie Huet de Sainte-Anne, l’artiste Diana Toave est intervenue pour apprendre aux enfants ce qu’est le Maloya et ce qu’il représente.

interview Diana Toava : Maloya : de la souffrance à la liberté

Les célébrations sont aussi occasion de s’intéresser aux instruments traditionnels pour jouer le Maloya : kayamb, roulèr ou encore pikèr. Non seulement les découvrir, mais aussi découvrir comment ils sont fabriqués et de quelle manière s’en servir pour obtenir les sonorités voulues.

Les enfants de l’école Julie Huet ont aussi appris à « krazé un maloya ». Placement des bras, positionnement des pieds et roulement des hanches en rythme étaient au programme.  

Le reportage de Jean-Claude Toihir et Alix Catherine

La Réunion fête les 12 ans de l’inscription du maloya à l’UNESCO avec des animations dans les écoles. Reportage à Sainte-Anne

 

Par ailleurs, La Région Réunion organise la 10ème édition du Village Maloya jusqu’au 5 octobre. Samedi, une journée spéciale est organisée au Musée Stella Matutina à Saint-Leu.

10ème édition du Village Maloya à Stella
©Région Réunion