Maurice : 186e anniversaire de l'abolition de l'esclavage et des combats à poursuivre

histoire
Morne île Maurice
©Capture d'écran Le Mauricien (illustration)

Le 1er février est, le jour, anniversaire de l'abolition de l'esclavage. C'était en 1835. Cette journée est l'occasion de rendre hommage aux ancêtres, regarder le présent et se tourner vers l'avenir. Ce lundi, la communauté rasta organise une marche du Morne au Trou-Chenille.

À La Réunion, nous fêtons, tous les ans, l'abolition de l'esclavage le 20 décembre. "La fèt Kaf" correspond à l'annonce en 1848 de la négation de l'humanité des hommes, femmes et enfants exploités sur les plantations de cannes. 

La Grande-Bretagne avait renoncé, officiellement, à l'esclavage 12 ans plus tôt, le 1er février 1835. Comme chez nous, cette date est inscrite en lettre de sang sur les calendriers. C'est non seulement l'occasion de se souvenir, de rendre hommage, mais aussi de poursuivre la lutte contre l'asservissement des êtres comme l'ont rappelé les membres du Groupe Réflexion Emmanuel Anquetil (GREA) qui vient de voir le jour pour dénoncer les inégalités qui perdurent 186 ans plus tard.

L'esclavage est-il éradiqué ?

 

Le collectif s'est créé pour dénoncer les conditions dans lesquelles vivent des milliers de familles à l'île Maurice. Ils ont recensé, au moins 2 000 hommes, femmes, enfants qui vivent : "dans des conditions inhumaines et atroces", écrit L'Express de Maurice.

Le pèlerinage annuel de l'Association socioculturelle rastafari (ASCR) s'incrit dans cette voie. Depuis des années, bien avant la crise Covid qui exacerbe la crise économique, les fidèles organisent une procession entre les villages du Morne et Trou-Chenille. Cet hommage aux ancêtres est ouvert aux citoyens de toutes les origines et toutes les confessions. "C’est un devoir de mémoire que nous faisons chaque année, pour nos ancêtres, qui se sont jetés de la montagne pour la liberté. Malheureusement, aujourd’hui, leurs descendants sont devenus des esclaves modernes. Ce pèlerinage sera marqué par un temps de prière et de partage pour nous libérer", confit Michael Toocaram au journal Le Mauricien, secrétaire de l’association.