Maurice : l'affaire Saint-Louis-Gate provoque des remous au parlement

faits divers
Maurice Saint-Louis Gate l'affaire devient politique 16 juin 2020
Affaire de la centrale électrique de Saint-Louis à l'île Maurice : les députés de l"opposition quittent l'assemblée nationale ©Capture d'écran YouTube
L'affaire supposée de corruption, liée à la modernisation de la centrale thermique de Saint-Louis, n'a pas fini de faire des vagues. Elle a provoqué une passe d'arme politique, ce mardi, au parlement. Les députés mauriciens de l'opposition ont quitté l'hémicycle en portant un masque noir.  
La sortie de crise sanitaire à l'île Maurice n'est pas de tout repos. Le "déconfinement" n'est pas encore total, mais la politique, elle, est plus que jamais au cœur de la vie de l'île sœur. Alors que le gouvernement s'emploie à amortir les conséquences économiques dues au confinement suite à l'épidémie de la Covid-19, des affaires financières viennent d'assombrir l'horizon.

La première secousse a été spectaculaire. Elle a eu lieu, ce mardi 16 juin 2020, au parlement. Les députés de l'opposition se sont levés, un masque noir sur la bouche et une pancarte en main sur laquelle était inscrit : "Ivan démission", sous-entendu, Ivan Collendavelloo, ministre des Utilités publiques comme l'écrit Le Mauricien. Ils ont quitté le Parlement pour dénoncer les "allégations" du gouvernement concernant leur implication dans ce dossier. 

Opposition et majorité se renvoient la balle 


L'affaire appelée Saint-Louis Gate est apparue quand la Banque africaine de développement a indiqué, à al fin du mois de mai 2020, qu'une entreprise danoise, spécialisée dans les grands travaux, avait reconnu avoir versé d'importantes sommes d'argent à des élus mauriciens pour obtenir des informations sur le marché de la réfection de la centrale électrique de Saint-Louis. La BAD précisait dans ce communiqué que la Burmeister & Wain Scandinavian Contractor (BWSC) n'avait plus le droit de soumissionner à ses marchés pendant 21 mois.
 
En 2015, bien avant la sanction, la BWSC avait décroché le contrat de modernisation de la centrale électrique de Saint-Louis en installant quatre nouveaux moteurs.
Depuis la majorité et l'opposition mauriciennes s'accusent d'être les bénéficaires de cette corruption. Ivan Collendavelloo, le ministre montré du doigt par ses opposants, a vivement réagi, ce mardi, en désignant Shyam Thanoo, l'ancien directeur de la centrale suspecté d'être proche de ses adversaires, comme l'a relevé L'Express de Maurice.
Centrale électrique de Saint-Louis à l'île Maurice
Les travaux de rénovation de la centrale électrique de Saint-Louis sont terminés depuis le mois d'avril 2019. ©Capture d'écran Energie Média
 

L'Union européenne étudie l'avenir de ses relations avec l'île Maurice

Le second dossier sera étudié ce matin et pendant trois jours à Bruxelles. Il pourrait s'avérer nettement plus délicat. L'Union européenne se penche pendant 72 heures sur l'inscription de l'île sœur sur sa liste noire des pays qui favorisent l'évasion fiscale, le blanchiment de l'argent provenant des mafias ou d'organisations terroristes. 
Selon les dernières informations, l'île Maurice va apparaître dans cette "blacklist" à partir du 1er octobre 2020. 
Si l'UE passe à l'acte, les conséquences économiques seront terribles pour nos voisins. On estime que cette décision aura des effets encore plus importants que la crise sanitaire qu'elle vient de traverser. Les responsables des secteurs financiers offshores devaient rectifier le tir concernant 58 points, 53 sont désormais conformes, mais les 5 derniers sont les plus sensibles. 

Pour mémoire, les services financiers offshores de l'île Maurice représentent 12% de son PIB.
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