Maurice dit oui à la culture expérimentale du cannabis Sativa L

économie
73 pieds de zamal saisis à Ilet à Cordes
Le samedi 28 novembre, les gendarmes sont tombés sur un premier plant de zamal. Un pied qui cachait une forêt !... ©Gendarmerie de La Réunion
La culture du chanvre est autorisée sur l'île Maurice. Les dirigeants ont ciblé le cannabis Sativa L. Cette plante qui contient moins de THC (0,3 %) ne peut pas alimenter un trafic. La production de zamal thérapeutique et de chanvre pour l'industrie textile (entre autres) est expérimentale.

L'image du zamal risque de changer, si l'expérience mauricienne est positive (sans jeu de mots).

Le gouvernement de l'île sœur vient d'autoriser la production de cannabis Sativa L afin de produire des huiles et médicaments à usage thérapeutique, mais aussi des vêtements, des sacs, des matériaux de construction et des cosmétiques. 
On estime la valeur d'une tonne de chanvre Sativa à 260 de dollars. Si l'expérience est concluante, le cannabis peut rapporter 1,1 M de $ à l'île Maurice en 2022. 

Cette expérimentation n'est pas sans risque. Afin d'éviter la tentation des trafiquants, les plantations seront approuvées et encadrées par le Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI) et le ministère de l’Agro-industrie, précise L'Express de Maurice.

Le Sativa L contient peu de THC

 

Cette production est une opportunité considérable en cette période de crise sanitaire et économique. Nos voisins, comme La Réunion présentent des atouts majeurs.

Ile tropicale, elle profite d'un temps idéal pour une production massive de cannabis. On estime qu'il faut six à huit semaines pour qu'une plante soit récoltée. Celle-ci pourrait être transformée dans les usines de cannes qui disposent de l'espace et des infrastructures nécessaires au stockage et à un premier traitement. Des travaux seront indispensables, mais les industriels ne partent pas d'une feuille blanche. 

Le zamal est également un danger. Ici, comme à Maurice, il aiguise les appétits des trafiquants. Combien des jeunes mauriciens ont d'abord fumé un joint avant de glisser vers les drogues dures. Ce n'est pas automatique ! Cependant, ce risque est réel et la légalisation encadrée du cannabis donne de mauvaises idées aux "dealers"...

Des plaintes pour la légalisation du cannabis thérapeutique

 

Cette décision était attendue depuis des années par les Mauriciens cancéreux. L'un des principaux artisans de la lutte en faveur de la légalisation du cannabis à usage thérapeutique est Shirish Rummun, althérophile qui a participé au Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996. Il souffre d'un cancer et milite pour la possibilité d'utiliser des médicaments anti-douleurs contenant de faibles doses de THC (tétrahydrocannabinol). Il a déposé un recours devant la justice en 2018, sans résultat, pour l'instant. Cette expérimentation va lui permettre, comme aux autres malades, de soulager ses maux avec les médicaments produits localement. 

L'annonce par le gouvernement d'autoriser des essais cliniques sur le cannabis, ou plutôt le chanvre a eu l'effet d'une petite bombe sur l'île sœur. Defimédia, titrait en Une de son journal télévisé, ce lundi soir : "La ruée vers l'or vert"...

Shirish Rummun est content, mais il demande que l'autorisation thérapeutique soit définitivement adopté : "Une opportunité pour son pays et une chance pour les malades...".