Maurice : l'affaire Betamax resurgit au pire des moments pour l'exécutif

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Red Eagle pétrolier qui ravitaillait l'île Maurice jusqu'en 2014
Red Eagle, le pétrolier de Betamax, qui ravitaillait l'île Maurice jusqu'en 2014 ©Capture d'écran L'Express de Maurice

Le ministre du Commerce, Soodesh Callichum, va devoir expliquer la stratégie gouvernementale dans le dossier Betamax. Une affaire commerciale qui est devenue judiciaire. En 2014, l'Etat résilie le contrat conclu avec cette société pour le transport d'hydrocarbures de l'Inde vers Maurice. 

La facture pourrait être salée ! Depuis 2014, la société Betamax a engagé des poursuites contre l'île Maurice. Elle considère, que cette année-là, le gouvernement de Sir Anerood Jugnauth, a mis fin illégalement au contrat signé avec l'éxecutif précédent. Le pouvoir en place, lors de cette première passe d'armes judiciaire, répond via la justice mauricienne en procédant aux arrestations de plusieurs hauts-fonctionnaires. Ils sont entendus au sujet de la passation du marché. 

Finalement, rien de réellement concret sort de cet incident et en 2017, Bétamax obtient gain de cause devant le Singapore International Arbritration Centre. La STC ("société" commerciale du gouvernement mauricien) doit verser Rs 4,5 milliards (109 500 000 $) – il y a aussi les intérêts qui avoisinent Rs 500 000 (121 601 $) par jour. Une fortune qui incombera inévitablement aux contribuables, si Maurice est condamné, précise L'Express de Maurice.

Maurice va-t-elle payer ?

 

Depuis, les deux parties tentent de remporter ce bras de fer qui s'éternise. Suite à cette décision défavorable, la SCT (le gouvernement) s'est tourné vers la Cour suprême de l'île soeur afin de dénoncer le jugement. Le 31 mai 2019, les magistrats se sont prononcés en faveur de l'exécutif. Le ouf de soulagement a été de courte durée. 

Le 14 juin 2021, Le Mauricien nous apprend : "Le Queen’s Counsel Mark Howard révèle que la décision du tribunal de Singapour était juste et qu’il était inapproprié pour la Cour suprême d’intervenir dans cette décision. "Quelque chose avait mal tourné dans la raison de la Cour suprême"", avait-il argué. Manifestement il a été entendu, ce 14 juin 2021. 

La facture précédente reste due. C'est sur ce point, que le ministre du Commerce sera interrogé devant le parlement par l'opposition ce 17 juin 2021, écrit IonNews. Un sujet qui devient de plus en plus sensible dans le contexte économique actuel.