Miel Vert : à la rencontre d’un apiculteur de la Montagne

Jean-Paul Cascade est apiculteur à Ruisseau Blanc à La Montagne.
La 36e édition de Miel Vert se tient jusqu’au 13 janvier au Tampon. C’est une vitrine pour les 500 apiculteurs péi. Parmi eux, Jean-Paul Cascade dont une partie des ruches sont installées à la Montagne à Saint-Denis. Portrait.
Confiné dans sa combinaison de protection de couleur blanche censée apaiser les abeilles, Jean-Paul Cascade, apiculteur à Ruisseau Blanc à La Montagne, enfume ses faiseuses de miel "pour les avertir d'une présence et les calmer".

Regardez le reportage de Delphine Poudroux et Alix Catherine : 
©reunion

Passionné par son métier, Jean-Paul n'y était pourtant pas prédestiné au début de sa carrière. Après 46 ans dans le BTP, "c'est à la suite d'un reportage à la TV un dimanche après-midi que je suis devenu apiculteur", explique-t-il. Il a commencé avec une ruche dans son jardin et est maintenant responsable de 110 réparties sur toute l'île, dont une quarantaine à La Montagne. Ces trois autres ruchers principaux se trouvent à la Ravine à Malheur, à La Possession et à Bois de Nèfles Saint-Paul.
 

Il y a entre 30 et 40 000 abeilles par ruches, cela représente environ 3 millions d'abeilles au total.

 

Le miel vert.. mais pas que

Contrairement à ce que l'on pourrait penser en cette saison, ce n'est pas le miel vert que cultive Jean-Paul, mais le miel de baie rose, de letchi et de toutes fleurs. "On ne le trouve que sur un arbre endémique de La Réunion : le tan rouge. Cet arbre ne pousse pas dans les bas, il faut aller dans les hauts de la Plaine des Cafres pour avoir du vrai miel vert", explique Jean-Paul qui tient à respecter au maximum les traditions. A la tête d'une famille de 10 enfants et de 15 petits enfants, il souhaite partager sa passion. Un de ses fils a d'ailleurs repris le flambeau et est également à la tête d'une douzaine de ruches.
 
 

Le danger varroa

Malgré cet amour du miel, Jean-Paul le sait : sa filière est en danger. "Il faut être dans le rucher pratiquement tous les jours ou maximum tous les deux jours", affirme-t-il. Depuis l'arrivée du varroa, en mai 2017 sur l'île, la situation est devenue critique. Cet acarien parasite qui décime les abeilles est très difficile à combattre. Le passionné a assisté à plusieurs réunions avec la Préfecture pour tenter de résoudre le problème.

"Le varroa est un coup très dur pour les apiculteurs. Dans l'Ouest, plus de 60% d'entre eux ont eu de gros soucis avec" déplore-t-il, inquiet pour ses exploitations. Afin de préserver au maximum sa production, il est obligé de traiter pour douze semaines ses ruches de miel de baie rose. Dépité, Jean-Paul "les traite pour avoir un taux d'infestation du varroa le plus faible possible". Pour lui, "on arrivera jamais à l'éliminer, mais on fait en sorte que nos ruches puissent nous ramener du miel."

Le varroa n'est pas la seule menace pour les abeilles qui disparaissent sur l'ensemble du globe jour après jour. Pour l'apiculteur, "les abeilles aujourd'hui, il y en a de moins en moins, mais on arrive quand même à en avoir un peu. Le jour où il n'y aura plus d'abeilles, il n'y aura plus beaucoup d'hommes, puisque tout ce qu'on a dans notre assiette, l'abeille est passée par là."