Naufrage tragique du Maéva 4 : une amende de 200 000 euros requise lors du procès en appel

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 En 2017, trois personnes ont perdu la vie à l’entrée du port de Saint-Gilles, dans le naufrage du Maéva 4.
En 2017, trois personnes ont perdu la vie à l’entrée du port de Saint-Gilles, dans le naufrage du Maéva 4. ©Imaz Press
En juin 2017, le naufrage du Maéva 4 a coûté la vie à trois personnes en juin 2017. La société Maévasion et son gérant étaient jugés en appel ce jeudi pour homicides involontaires. L'avocat général a requis 200 000 euros d'amende ainsi qu'une interdiction définitive de transporter des personnes. Décision le 24 novembre prochain.

Les magistrats de la cour d'appel de Saint-Denis se sont penchés ce jeudi sur les circonstances du drame du Maéva 4, le dimanche 25 juin 2017, à Saint-Gilles. Ce jour-là, trois personnes ont perdu la vie à bord du bateau qui a fait naufrage à l'entrée du port de plaisance : l'un des deux membres d'équipage ainsi qu'un père et son fils.

Si le principal prévenu, le skipper du navire, s'est donné la mort à la suite des faits, son frère, le gérant de la société Maëvasion, elle-même visée par les faits d'homicides involontaires, a lui été condamné en première instance, le 12 novembre 2021.

"Je ne suis plus maman, ni compagne..."

Une peine de 150 000 euros d'amende a été prononcée, ainsi qu'une interdiction définitive de transporter des personnes contre le patron et l'entreprise. Et à l'occasion de ce procès en appel, l'avocat général est allé au-delà du quantum de la première décision en requérant une amende de 200 000 euros et toujours l'interdiction définitive de transporter des personnes. La décision de la cour d'appel sera connue d'ici le 24 novembre prochain.

Pour les parties civiles, ce nouveau procès était une nouvelle épreuve. Michele Malbranque a perdu son conjoint et son fils lors du drame. Ce jour là, elle se trouvait elle-même sur le bateau, parmi les neuf personnes présentes à bord. "Je ne suis plus maman, je ne suis plus compagne... On m'a volé mon avenir avec eux", a-t-elle fébrilement déclaré face aux juges.

Malaise en plein procès

"Si je veux espérer me reconstruire, il va falloir reconnaître les coupables et les condamner", a-t-elle lâche les mains tremblantes, à la fin de son témoignage à la barre. Victime d'un malaise au moment de la plaidoirie de l'avocat des prévenus, elle a dû être prise en charge par les secours avant que le procès ne reprenne finalement.

Difficile pour elle d'entendre la position de la défense qui plaide la relaxe, en faisant état notamment de la survenue d'un problème mécanique sur le bateau. Selon celle-ci, un arrêt du moteur à l'entrée du port aurait rendu impossible la manœuvre. C'est ce qu'avait déclaré le skipper à l'époque. 

Un skipper sous effets au moment du drame

Plusieurs manquements ont été soulevés durant l'audience et notamment les addictions du skipper : alcool, cannabis et antidépresseurs révélés par les analyses toxicologiques. Celui-ci ne disposait pas non plus de toutes les qualifications nécessaires pour transporter des touristes.

Et puis la sortie touristique avait par ailleurs été maintenue malgré l'émission d'un avis de forte houle. Sans compter le fait que les gilets de sauvetage n'ont pas été distribués aux passagers. Et que ces derniers ont été laissés sur le pont et non à l'intérieur lorsque la houle a commencé à monter.