" Nous le savons tous très bien, l’hôpital ne va pas bien ", bilan de la visite d'Agnès Firmin Le Bodo à La Réunion

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Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l'Organisation territoriale et des Professions de santé. ©Marie-Ange Frassati
Conseil national de la refondation du système de santé, maintien de l’obligation vaccinale, second cycle de faculté de médecine à La Réunion, et concertations sur la fin de vie, bilan de la visite de deux jours à La Réunion de la ministre déléguée en charge des professions de Santé et de l’Organisation territoriale.

Agnès Firmin Le Bodo achève ses deux jours de visite à La Réunion. La ministre déléguée en charge des Professions de Santé et à l’Organisation du territoire a été reçue dans différentes structures dans de l’île.

Ont ainsi été abordés des thèmes tels que la prise en charge des victimes des violences intrafamiliales, l’accès aux soins de ville, l’accès aux soins des étudiants ou encore l’accès aux soins des personnes vivant avec un handicap, comme ce samedi 24 septembre à la Maison Pierre Lagourgue à Sainte-Marie.

Regarder le reportage de Réunion la 1ère :

La charte Romain Jacob pour une meilleure prise en charge des personnes vivant avec un handicap

Les syndicats n’étaient pas au programme de la ministre

Déserts médicaux, manque d’effectifs des personnels soignants, moyens dévolus au système hospitalier réunionnais, sont autant de thèmes que les syndicats n’ont pu aborder avec la ministre déléguée.

Des thèmes auxquels a répondu Agnès Firmin Le Bodo, invitée du journal de Réunion la 1ère, ce samedi soir :

Visite ministérielle itw Agnès Firmin Le Bodo, ministre délégué en charge des Professions de Santé et de l’Organisation territoriale

Un Conseil national de la refondation du système de santé sera lancé le 3 octobre

A la problématique de l’insuffisance du nombre de personnels soignants pour effectuer la multitude de tâches qui leurs sont allouées, évoquée par Alain Puelle, président départemental de la CFTC Santé Réunion-Mayotte, la ministre répond :  nous le savons tous très bien, l’hôpital ne va pas bien depuis très longtemps .

Agnès Firmin Le Bodo souligne l’effet d’accentuation des deux années de crise Covid, et précise que les professionnels de santé vivent une "mutation". Le 3 octobre prochain sera lancé, avec le ministre de la santé et de la prévention, un Conseil national de la refondation, " qui doit nous permettre, professionnels, élus et citoyens, de refonder ce système de santé ".

Le président de la République a pris conscience qu’il y avait urgence à rendre les métiers de la santé, et les métiers de l’accompagnement, attractifs, redonner du sens à tous ces professionnels après cette crise sanitaire. C’est grâce à eux que l’hôpital a tenu.

Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée aux Professions de Santé et à l’Organisation territoriale 

Elle ajoute que les métiers vont devoir évoluer, des réponses seront apportées " assez vite ", assure-t-elle.

L’obligation vaccinale maintenue pour les professionnels de santé

Concernant les personnels suspendus faute de vaccination contre le Covid, la ministre déléguée a rappelé le maintien de l’obligation vaccinale pour les professionnels de santé.

" A partir du moment où les professionnels de santé ne sont pas vaccinés, ils ne peuvent pas reprendre le travail. Nous sommes toujours dans cette vaccination obligatoire. "

Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée aux Professions de Santé et à l’Organisation territoriale 

Révision du coefficient géographique pour l'attribution des moyens

Le coefficient géographique, qui détermine les moyens financiers alloués aux hôpitaux, doit être révisé depuis des années. " L’étude est toujours en cours ", assure Agnès Firmin Le Bodo, des modifications du coefficient seront apportées selon les résultats.

La ministre rappelle que, dans le cadre du Ségur, des mesures ont été prises après la crise sanitaire.

Plus de 9 milliards pour les professions de santé, la réévaluation des indemnités, c’était absolument normal, c’était un rattrapage, et beaucoup pour l’investissement. Ici, les hôpitaux de La Réunion ont bénéficié notamment en termes d’investissement de ce Ségur de la Santé.

Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée aux Professions de Santé et à l’Organisation territoriale 

" C’est un rattrapage, on est bien d‘accord ", concède la ministre déléguée face à l’insatisfaction des syndicats. 

Le second cycle de médecine ouvrira à La Réunion en septembre 2023

Les étudiants qui commencent leurs études de médecine à La Réunion doivent se rendre en métropole pour effectuer leur deuxième cycle. A partir de septembre 2023, ce deuxième cycle pourra se faire à La Réunion, annonce la ministre.

L’idée est ainsi de favoriser l’installation des futurs médecins réunionnais sur le territoire où ils ont fait leurs études, à savoir La Réunion. " C’est une bonne nouvelle, peut-être, pour la lutte contre les déserts médicaux, et notamment pour la lutte contre le manque de spécialistes ", conclut-elle, précisant que La Réunion ne manque pas de médecins généralistes.

Certificats de décès, la responsabilité de l’ordre des médecins

Aux difficultés d’obtenir des certificats de décès, Agnès Firmin Le Bodo répond qu’il n’existe plus d’obligation de « permanence des soins ». L’ARS a mis des moyens avec des équipes mobiles, mais la ministre insiste sur le fait qu’il en va de la responsabilité collective de l’ordre des médecins de faire en sorte que les gardes puissent être assumées.  

Nous sommes en train de travailler, peut-être, sur une évolution sur les professionnels qui pourraient faire ces certificats de décès, le débat est lancé.

Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée aux Professions de Santé et à l’Organisation territoriale 

Concertations sur la fin de vie

Ce samedi après-midi, la ministre a annoncé l’ouverture d’une unité de soins palliatifs au CHU Sud de La Réunion. Elle permettra d’augmenter la capacité d’accueil à l’échelle de l’île, mais ne lui permettra pas d’atteindre la moyenne nationale. Le projet devrait aboutir d’ici 3 ans, un budget de 3,1 millions d’euros lui est alloué.

Sur la question de la fin de vie, Agnès Firmin Le Bodo souhaite que les débats soient apaisés, et que chacun puisse exprimer ses idées. " Elles sont toutes respectables, elles doivent toutes être entendues, simplement chacun doit respecter les idées des uns et des autres ", insiste-t-elle.

La ministre assure que les débats auront lieu sans que ses convictions n’apparaissent, quand bien même son opinion personnelle est " plutôt favorable à la liberté de pouvoir choisir sa fin de vie ".