Nouvelle Route du Littoral : l’ancienne majorité s’explique sur les accropodes mal installés

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Route du littoral
©Willy Fontaine
"Depuis quelques mois, La Région, maître d’ouvrage, était au courant des problèmes (…) concernant la pose des acropodes", avoue Dominique Fournel. L’ancien vice-président s’explique sur les 775 accropodes mal posés.

La Nouvelle Route du Littoral fait encore parler d’elle. La livraison de la partie viaduc, opérationnelle fin 2022, a pris du retard. En cause, des accropodes mal posés. Au total, 775 de ces structures en béton, conçus pour résister à l'action des vagues sur les brise-lames et les structures côtières, sont concernés.

Par ailleurs, 2 500 autres, eux, doivent être déplacés confirmait Huguette Bello, nouvelle Présidente de Région le 30 septembre. Des travaux supplémentaires qui engendrent des coûts et des retards de livraison d’une NRL déjà très attendue par la population.

 

L’ancienne majorité s’explique

Si les défaillances de pose des accropodes de la Nouvelle Route du Littoral viennent d’être confirmées par la collectivité, l’ancienne majorité en avait connaissance depuis le début de l’année 2021, indique Dominique Fournel, ancien vice-président de Région. "Depuis quelques mois, La Région, maître d’ouvrage, était au courant des problèmes (…) concernant la pose des acropodes", avoue Dominique Fournel.

Le reportage de Réunion La 1ère

 

En effet, la pose de ces blocs en béton doit se faire selon un protocole établit dans le cahier des charges et être soumis à un contrôle permanent. Or, 775 de ces structures ne correspondent pas aux exigences requises.

Le groupement GTOI-SBTPC-Vinci pointé du doigt

A la question, "pourquoi ne pas avoir alerté la population ?", Dominique Fournel répond que "la mauvaise pose des tétrapodes n’est pas de la responsabilité, du maître d’ouvrage, La Région, mais bien du poseur d’accropodes, le groupement GTOI-SBTPC-Vinci". Des discussions étaient d’ailleurs en cours entre le groupement et le bureau d’étude afin de "rectifier les erreurs de pose", poursuit-il.

Selon l’ancien vice-président de Région, ce problème "n’est pas aussi important qu’il semble l’être, il ne s’agit que de 775 accropodes mal posés sur les 25 000" présents le long de la NRL.

Il n’a jamais été dit que ce défaut de pose pouvait entraîner la rupture de la protection. C’est simplement une précaution pour remettre en place les accropodes de façon satisfaisante.

Dominique Fournel, ancien vice-président de Région

 

"Ainsi, la remise en place des accropodes ne devrait avoir une incidence que de quelques mois sur le chantier", ajoute Dominique Fournel, permettant ainsi une ouverture partielle de la NRL pour 2022.

Qui va payer la facture ?

Pour Dominique Fournel, ce n’est pas à la collectivité régionale, et in extenso à la population, de régler la facture qui s’élève environ à 20 millions d’euros.

La nouvelle majorité veut payer mais ça ne concerne pas du tout le maître d’ouvrage, la Région.

Dominique Fournel, ancien vice-président de Région

 

Cela ne fait aucun doute pour l’ancien vice-président de Région, c’est au poseur d’accropodes, donc le groupement GTOI-SBTPC-Vinci, de mettre la main au porte-monnaie. Même si une bataille judiciaire est possible entre le groupement et le bureau d’étude, la remise en place des accropodes peut toujours se faire en attendant l’issue.

"L’ancienne majorité n’a pas commis d’erreurs"

Pour l’ancien vice-président de Région, la collectivité "n’a commis aucune erreur concernant les accropodes". Il ne s’agit en aucun cas, selon lui, d’un problème de qualité des matériaux, car "ces derniers ont été maintes et maintes fois contrôlés et expertisés, c’est la technique de pose qui a été défaillante".

D’aucun pourrait pointer du doigt que le sujet n’a pas été abordé, en mars dernier, lors des élections régionales, alors que le problème était connu. Ce à quoi Dominique Fournel répond : "le bilan des accropodes à remettre en place n’était pas fait au moment des Régionales".

Toujours selon l’ancien vice-président de Région, la seule erreur commise concernant la NRL c’était "de penser pouvoir ouvrir une carrière (ici)". "Une problématique qui devra être posée sur la table et examinée pour les projets futurs, poursuit-il. Pour d’autres grands chantiers autres que la NRL".