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NRL : le collectif Touch Pa Nout Roche demande une enquête parlementaire

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NRL nouvelle route du littoral dernière pile grand viaduc 150319
©JBA / Région Réunion
Dans une tribune libre, le collectif TPNR appelle députés et sénateurs à diligenter au plus vite une commission d’enquête parlementaire sur la digue de la NRL. Ils dénoncent une mise en péril des ressources alluvionnaires de l’île et les conséquences pour d’autres secteurs d’activités.
Et s’il fallait choisir entre la digue de la NRL et la construction de logements ? Le rapport pourrait ne pas sauter aux yeux et pourtant selon les membres du collectif Touch Pa Nout Roche, il est évident.

Alors que les transporteurs mènent depuis plusieurs jours un combat pour sauver leur activité, les anti-carrières veulent, eux, attirer l’attention sur une réalité qui va au-delà de la Nouvelle Route du Littoral.
 

Une mise en péril de l’économie réunionnaise ?

Extraire des roches massives des sols réunionnais pour alimenter le chantier d’une digue particulièrement gourmande équivaudrait, selon eux, à priver d’autres secteurs, comme celui du bâtiment, de matériaux pour la construction de logements, mettant en péril les équipements publiques ou les zones économiques.

Pour le collectif Touch Pa Nout Roche, les décideurs à savoir La Région, les services de l’Etat et le groupement Bouygues / Vinci avaient conscience de ce fait. Pire, il dénonce leur volonté d’avoir un monopole sur les matériaux de construction à La Réunion. Un monopole organisé dont les transporteurs seraient aussi les victimes, selon les anti-carrières.
 

Des transporteurs " trompés " ?

Loin de pointer les transporteurs du doigt, le collectif TPNR estime que le désarroi et la colère de certains " petits transporteurs " sont en fait compréhensibles.
  

" La Région s’était engagée à leur fournir du travail grâce au marché conclu avec le groupement Bouygues / Vinci sur la partie Digue de la NRL. Beaucoup ont investi, se sont endettés et ils réalisent aujourd’hui que ce groupement de multinationales leur avait finalement caché leur véritable stratégie : avoir le monopole des matériaux de construction de La Réunion ", écrit le collectif.


Ils en veulent pour preuve, l’obstination des décideurs à faire des roches de Bois-Blanc, apportées par la SCPR, filiale de Bouygues, les seules correspondant aux besoins de la NRL. Celles de Dioré, apportées par le concurrent NGE, sont en revanche refusées, et le gisement de la Rivière des Remparts toujours pas exploité, détaillent-ils.
 

Le pillage des ressources alluvionnaire aurait-il débuté ?

En attendant de pouvoir exploiter la carrière de Bois-Blanc, dont l’autorisation a jusque-là été refusée par la justice, le groupement avec le soutien de la Région et de la préfecture a trouvé d’autres solutions. Pour Touch Pa Nout Roche, les ressources alluvionnaires ont commencé à être pillées pour réaliser les digues actuelles de la NRL.

Il estime en effet qu’une partie des matériaux provient des carrières alluvionnaires. Sur des besoins initialement estimés à 8,6 millions de tonnes de roches massives, les andains livrés représentant 3,5 millions de tonnes et que 2 millions de tonnes étaient espérés des carrières pour terminer la digue, la déduction est faite pour les anti-carrières.
  

Faire la lumière sur la gestion de la NRL

C’est donc pour confirmer et mettre au jour ces faits et les conséquences qu’ils auront pour La Réunion que le collectif demande aux députés et sénateurs de " diligenter dans les plus brefs délais une commission d’enquête parlementaire sur cette digue de la NRL ".

Une expertise demandée à plusieurs reprises depuis le début de l’année 2019 pour savoir quelle est la meilleure façon de finir cette route n’a toujours pas été lancée, déplore le collectif TPNR, qui réaffirme sa volonté de voir la NRL s’achever le plus vite possible.
 
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