Passe sanitaire et obligation vaccinale des soignants : mouvement de grève à l'IRSAM

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Grève à l'IRSAM contre le passe sanitaire et l'obligation vaccinale des soignants
©Page Facebook SDASSP-FO Réunion
Ce mardi 17 août, une vingtaine de salariés de l'antenne réunionnaise de l'IRSAM, l'Institut régional sourds et aveugles de Marseille, mènent leur deuxième jour de grève contre la mise en place du passe sanitaire et de l'obligation vaccinale des soignants.

La loi du 5 août 2021 rend désormais obligatoire la vaccination pour l'ensemble des soignants mais le sujet divise encore, et notamment au sein du personnel médico-social de l'antenne réunionnaise de l'IRSAM, l'Institut régional sourds et aveugles de Marseille.

L'appel à la grève illimitée lancé par le SDASSP FO (Syndicat départemental action sociale et santé privée Force Ouvrière) est suivi depuis hier, lundi 16 août, par une vingtaine de salariés de l'IRSAM. Ces derniers tiennent un piquet de grève devant le Centre d’action médico-social des Jacarandas, à Sainte-Clotilde.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

 

"Non à l'obligation, pas à la vaccination"

Geneviève Fidji, déléguée syndicale FO à l'IRSAM Pôle Enfant, précise que cet appel à la grève a été lancé afin de répondre "à une sollicitation de salariés pour défendre leurs droits et ce qu'ils pensent". Les grévistes s'opposent donc au passe sanitaire ainsi qu'à l'obligation vaccinale : "Je ne suis pas là pour dire non à la vaccination, mais pour dire non à l'obligation", tient à souligner la syndicaliste.

L'IRSAM Réunion emploierait quelques 400 salariés et selon Geneviève Fidji, ils seraient plusieurs à ne pas être d'accord pour se faire vacciner. "Mais suite aux mesures qui ont été annoncées, beaucoup sont allés faire leur première injection parce qu'ils se sentent contraints".

Grève à l'Irsam contre l'obligation vaccinale
©Marie-Ange Frassati

"Une loi qui stigmatise"

Le personnel médico-social de l'IRSAM intervient aussi bien auprès des enfants que des adultes porteurs de handicaps sensoriels et ils sont ainsi amenés à les accueillir dans les locaux de l'organisation, voire dans certaines écoles.

Les grévistes ont installé des panneaux sur les grilles du centre de Sainte-Clotilde : "Pas de discriminations", "Non au pass", "Non à l'obligation vaccinale", "Non à la suspension des contrats", peut-on notamment y lire. "On se retrouve avec une loi qui vient stigmatiser les enfants et les professionnels. Et donc on ne s'y retrouve pas", défend Christophe Le Bourlout, éducateur technique spécialisé.

"On se retrouve aussi avec ce passe sanitaire dans une posture qui met en difficulté les jeunes, les professionnels et l'organisation-même des différents établissements médico-sociaux", réagit encore le professionnel.

Des inquiétudes au sein de l'ensemble du personnel soignant

Les professionnels soignants sont nombreux à se poser des questions s'agissant des modalités d'application de l'obligation vaccinale. Qui pour contrôler ? Quelles sanctions seront prises à l'encontre des personnels qui refuseraient de s'y soumettre ? Des questions que se pose notamment Isaline Tronc, secrétaire générale adjointe de la FAFPHR, la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de La Réunion.

Celle-ci rappelle que le préavis de grève illimitée déposé le 31 juillet dernier est toujours en vigueur depuis le 6 août au CHU Sud et Nord, ainsi qu'au centre CHOR, le centre hospitalier Ouest Réunion, et au GHER, le Groupe hospitalier Est Réunion et qu'il a été étendu à l'EPSMR, l'Etablissement public de santé mentale.

Le FAFPHR indique par ailleurs qu'un comité technique doit se tenir demain mercredi 18 août, l'occasion pour l'organisation syndicale de répondre aux différentes interrogations des personnels soignants.