Premier cas de variant Omicron à La Réunion : "Il ne faut pas paniquer"

coronavirus
Docteur Patrick Mavingui unité UMR Pimit Université de La Réunion
Le Docteur Patrick Mavingui dirige l'unité UMR Pimit de l'Université de La Réunion, dont les laboratoires sont installés dans les locaux du Cyroi ©Willy Thévenin
Le premier cas français de variant Omicron a été confirmé ce mardi à La Réunion. Celui-ci reste encore un mystère pour les scientifiques en ce qui concerne sa potentielle dangerosité. "L’inquiétude est normale mais il ne faut pas paniquer", estime le Dr Patrick Mavingui, spécialiste du séquençage.

Faut-il s’inquiéter de l’apparition de ce nouveau variant Omicron ? "L’inquiétude est normale mais il ne faut pas paniquer", répond le docteur Patrick Mavingui, microbiologiste à l'Unité mixte de recherche processus infectieux en milieu insulaire tropical (PIMIT).

C’est ce spécialiste du séquençage basé au Cyroi, à Sainte-Clotilde, qui a confirmé ce mardi 30 novembre sur Réunion La 1ère radio qu’un premier cas de cette nouvelle souche du SARS-CoV-2 avait été confirmé à La Réunion. Le premier cas confirmé en France.

Revoir l'interview du Dr Mavingui dans la matinale de Réunion La 1ère :

Aucun cas mortel connu jusqu'à présent

Le Dr Mavingui rappelle que l’on ne dispose pas pour le moment de beaucoup d’informations sur ce variant. Lundi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a certes mis en garde sur le risque très élevé que présente cette nouvelle souche à l’échelle mondiale, mais elle a aussi indiqué que de nombreuses incertitudes demeuraient s’agissant de sa potentielle dangerosité.

"Pour l’instant, on ne peut pas dire s’il est plus dangereux ou plus mortel, insiste à son tour le Dr Mavingui. Et quand on regarde ce qui se passe en ce moment en Afrique du Sud, on n’a pas plus de cas mortels dus à ce variant malgré sa transmission importante dans la région du Gauteng, par exemple (région de Prétoria et de Johannesbourg, ndlr)".

"Les études sont en cours"

S’agissant des symptômes non graves observés chez les personnes vaccinées comme chez les personnes les non vaccinées, "il n’y a pas de différences à l’heure actuelle", indique le Dr Mavingui. Celles-ci peuvent souffrir de fièvre, de toux ou encore de douleurs musculaires.

"Les études sont en cours, il faut donc attendre si ça va évoluer vers une sévérité ou pas. Ce sont les observations qui nous permettront d’en savoir plus", conclut le spécialiste.

La principale menace aujourd'hui reste le variant Delta

Le variant B.1.1.529 présente un nombre "extrêmement élevé" de mutations sur la protéine Spike, clé d’entrée du virus dans l’organisme : 32 mutations contre "seulement" 9 pour le Delta qui se caractérisait déjà par sa grande contagiosité.

Ces mutations font craindre une moindre efficacité du vaccin contre le covid-19, comme l’a souligné hier le Conseil  scientifique qui estime par ailleurs que ce nouveau variant serait aussi plus transmissible que le Delta. Mais le Conseil rajoute aussi qu’il ne faut pas se tromper de menace. Le variant Delta reste à l’heure actuelle celui auquel les Français sont les plus exposés.

Retrouvez l'interview du docteur Christine Kowalczyk, présidente de l’Union régionale des médecins libéraux, invitée du JT du 30 novembre 2021 :

Dr Christine Kowalczyk, présidente de l'union régionale des médecins libéraux : le variant omicron sous surveillance