Réforme des retraites : "49.3, un coup contre la démocratie" pour l’intersyndicale de La Réunion

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Manifestation contre la réforme des retraites, à La Réunion.
Manifestation contre la réforme des retraites, à La Réunion. ©Imaz Press
L'annonce a été faite ce samedi, le gouvernement va recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote le projet de réforme des retraites. La décision n'a pas manqué de faire réagir parlementaires et syndicalistes. A La Réunion, l'intersyndicale locale s'insurge et s'organise.
Au lendemain de l’annonce du Premier ministre, Edouard Philippe, de recourir à l’article 49.3 de la Constitution, les réactions sont nombreuses. Parlementaires et représentants des organisations syndicales ont très vite protestés.

A La Réunion, l’intersyndicale a réagi dans un communiqué ce dimanche 1er mars :
 

" Pour l’intersyndicale CGTR, FO, FSU, Saiper, Solidaires et UNEF, le 49.3 est une insulte faite à tous les Français sur un sujet fondamental et aux enjeux sociaux considérables. "

 

La méthode


Pour les représentants de l’intersyndicale, le gouvernement "veut passer en force au mépris des contestations massives qui se sont d’abord exprimées dans la rue et se sont transportées logiquement dans l’hémicycle".

Le choix du recours au 49.3 conduit à abréger les débats parlementaires et donc à contourner la démocratie, poursuivent-ils. Et d’ajouter :
 

" Les 41 000 amendements qui servent aujourd’hui d’alibi au 49.3 sont des outils démocratiques rendus nécessaires pour donner davantage de temps de parole et permettre ainsi le débat parlementaire face à un gouvernement qui refuse d’écouter les partenaires sociaux et l’opinion publique."


Et puis, d’un point de vue politique, l’intersyndicale remarque que si avec l’article 49.3, le gouvernement "prétend engager sa responsabilité, c’est-à-dire s’exposer à une motion de censure", il mise tout de même "ouvertement sur la discipline de vote de ses députés pour la contrer".

 

Le timing


Outre le passage en force, l’intersyndicale critique également le temps politique. Elle estime ainsi que le gouvernement a voulu accélérer avant les élections municipales, montrant ainsi "sa fébrilité et son autoritarisme".

Enfin, le moment choisit pour faire l’annonce fait aussi réagir :
 

" Comble du cynisme, l’épidémie de coronavirus sert de prétexte pour interdire les manifestations. Pathétique ! "



Henry-Claude Elma et Daniel Fontaine ont recueilli les réactions de représentants de syndicats membres de l’intersyndicale.
©Reunion la 1ère

L’intersyndicale appelle d’ores et déjà tous les salariés, les retraités et les étudiants à participer à toutes les mobilisations à venir. Elle devait se réunir dans le courant de la semaine, elle le fera finalement ce lundi 2 mars à 14h. Des actions devraient ensuite être annoncées.
 
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