Pension marron de la Ravine Creuse : la gérante de l'établissement condamnée

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©Réunion La 1ère
La gérante d'une pension marron de la Ravine Creuse a été condamnée pour abus de faiblesse à 2 ans de prison dont un ferme. En février 2018, les autorités avaient découvert que ses 18 pensionnaires étaient logés dans une maison délabrée, au milieu d'excréments et d'odeurs nauséabondes.

Au début de l'année 2018, La Réunion est frappée par le scandale des pensions de famille dite marron. Plusieurs établissements sont alors épinglés, et notamment deux d'entre eux à Saint-André : l'un en janvier et l'autre en février.

C'est cette seconde affaire qui a été examinée le 13 mai dernier au tribunal correctionnel de Saint-Denis. Les magistrats, qui ont rendu leur décision en délibéré ce vendredi 10 juin, ont condamné Micheline Dijoux, la gérante de la pension située à Ravine Creuse, à 2 ans de prison dont un ferme pour abus de faiblesse. Une peine qu'il sera possible d'aménager.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Justice : la gérante de la pension marron condamnée

Une amende de 5 000 euros

Elle est par ailleurs tenu d'indemniser les victimes et de s'acquitter d'une amende de 5 000 euros dans le cadre de la partie de sa peine assortie d'un sursis probatoire. Elle écope enfin d'une interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans.

Lors du procès, le parquet avait requis une peine de trois ans de prison dont la moitié assortie d'un sursis et enfin une amende de 10 000 euros. Micheline Dijoux avait la main sur les comptes bancaires de ses pensionnaires mais elle a défendu à la barre du tribunal qu'elle voulait avant tout aider ces personnes et leurs familles confrontées au manque et à la cherté des places dans les établissements "classiques".

Des gramounes persécutés par une autre résidente

L’affaire avait fait grand bruit à l'époque : la gérante, une cantinière municipale, tenait cette pension dédiée aux personnes âgées avec l'aide de ses proches, sans pour autant avoir fait la moindre déclaration aux services départementaux ou à l'ARS, l'Agence régionale de santé.

Les 18 gramounes étaient logés dans une maison insalubre avec des chambres aux murs et aux sols recouverts de moisissures, de cafards et même d'excréments, sans compter l'odeur insoutenable qui y régnait.

C'est un médecin qui avait donné l'alerte face au mauvais état de santé d'un gramoune qui présentait des traces de coups. L'enquête révèlera que l'une des pensionnaires étaient violente avec les autres résidents. Cette dernière qui était donc à la fois prévenue et victime a écopé de trois mois de prison avec sursis.