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Saint-André : la Cise Réunion condamnée pour distribution d’eau non-potable

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eau potable robinet 050120
©Réunion la 1ère
Maxime Leclercq a porté plainte contre la CISE au sujet de l’eau potable, qui ne l’était justement pas. Le tribunal s’est prononcé le 17 décembre dernier en sa faveur. Une décision qui intervient après 3 années de bataille avec son distributeur d’eau, la Cise Réunion.
Malgré la couleur marron et la turbidité de l’eau, la famille a consommé l’eau qui coulait à son robinet. Une consommation qui n’a cependant pas duré. D’un achat ponctuel de bouteilles d’eau, Maxime Leclerq est vite passé à une consommation exclusive d’eau embouteillée.

Face à cette situation, le père de famille a constitué un épais dossier. Analyses mises en ligne sur le site du ministère de la santé à l’appui, il a pu démontrer que l’eau distribuée au robinet n’était pas potable. Le juge lui a finalement donné raison le 17 décembre dernier.

Reportage de Harini Mardaye et Géraldine Blandin.
©Reunion la 1ère
 

De l’eau non-potable au robinet

Le juge a reconnu la compagnie coupable d’avoir fourni une eau régulièrement impropre à la consommation et estime qu’elle a failli à ses obligations contractuelles de résultats. L’eau était en effet non-conforme au seuil de potabilité.

D’autre part, la Cise Réunion n’a pas mis à disposition une solution palliative telle que la livraison d’eau en bouteilles malgré les nombreuses demandes de son client, constate le magistrat.
 

La Cise Réunion condamnée

Le juge ordonne ainsi à la Cise le remboursement de l’achat d’eau en bouteilles sur 5 ans pour un foyer de 4 personnes, dont le montant est estimé à plus de 2 800 euros.

La compagnie des eaux doit aussi fournir à cette famille 6 litres par jour à son domicile, en bouteilles ou par fontaine à eau, jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de distribuer une eau conforme à la réglementation.
 

Vers une démarche collective

Ce dossier pose la question des défaillances des acteurs du service public d’eau potable, selon le plaignant. Forts de ce jugement, Maxime Leclercq et son avocat Me Guillaume de Gery envisagent de monter une démarche collective pour aider tout usager qui souhaiterait faire valoir ses droits de disposer d’une eau potable en permanence à son robinet.

Le défenseur des droits a d’ores et déjà été saisi pour que soit reconnu à l’échelle de La Réunion un accès discriminatoire au service public de distribution d’eau potable. Selon l’Agence Régionale de Santé, 52% des abonnés de l’île boivent une eau du robinet insuffisamment potabilisée.

En métropole, 98% des usagers ont accès à une eau respectant les critères microbiologiques.
 
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