Première journée du procès de la "maison de l’horreur" aux Assises de Saint-Denis

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Première journée du procès de la « maison de l’horreur » aux Assises de Saint-Denis, le 17 septembre.
Première journée du procès de la "maison de l’horreur"aux Assises de Saint-Denis, le 17 septembre. ©Bruno Dufestin / Réunion 1ère
Depuis lundi 17 septembre, Marie-Daisy Delaplaine et Pascal Poudroux sont à nouveau devant la cour d’assises de St-Denis. Condamnés à deux reprises à trente ans de réclusion criminelle, les tortionnaires de la Plaine-des-Cafres se rejettent la responsabilité des faits qui leur sont reprochés.
Marie-Daisy Delaplaine et Pascal Poudroux sont à nouveau devant la justice. Le procès du couple de tortionnaires de la Plaine des Cafres s’est ouvert ce lundi 17 septembre, devant la cour d’Assises de Saint-Denis. Ils sont poursuivis pour séquestrations, violences, viols, et proxénétisme commis entre juin et septembre 2012.

En première instance en 2015 et en appel en 2016, Marie-Daisy Delaplaine et Pascal Poudroux ont été condamnés à trente ans de réclusion criminelle. Ce troisième procès a lieu, car cette condamnation en appel a été annulée pour "vice de forme".

Regardez le reportage de Nathalie Rougeau et Willy Fontaine :
©reunion
 

"Ce n’est pas moi, c’est lui"

Durant cette première journée, Daisy Delaplaine et son ex compagnon, Pascal Poudroux, se sont posés en victime l’un vis-à-vis de l’autre. Chacun tente de minimiser sa part de responsabilité.  

Ils reconnaissent les faits qui leur sont reprochés, à l’exception de ceux de proxénétisme sur la mère de Pascal Poudroux. Selon l’enquête de personnalité, "il aurait agi sous l’influence de Daisy Delaplaine, sa compagne qu’il craignait et qui le frappait parfois". Un expert psychologue a été entendu par visioconférence ce lundi.

"Ce n’est pas moi, c’est lui" : telle est la défense de Daisy Delaplaine qui soutient avoir agi "sous l'autorité de son compagnon". L’expert psychologique décrit une femme à la "personnalité psychorigide et dénuée d’empathie".
 
Troisième procès des tortionnaires de la maison de l'horreur à la Plaine-des-Cafres.
Troisième procès des tortionnaires de la maison de l'horreur à la Plaine-des-Cafres. ©Nathalie Rougeau

 

"Un couple diabolique"

La mère de Pascal Poudroux fait en effet partie des victimes. Comme les quatre autres personnes, cette gramoune a été séquestrée, violée, soumise à la prostitution, dépouillée de ses revenus, mal nourrie, et privée d’hygiène de vie. Elle aussi a vécu dans l’obscurité d’une petite pièce de cette maison à la Plaine-des-Cafres dans des conditions indignes et effroyables.

En première instance, un expert psychiatre avait décrit un "couple diabolique".
 

Une victime témoigne

Ce lundi, Johnny Billaud, SDF de 51 ans, a accepté de témoigner sur Réunion La1ère. Il fait partie des victimes du couple. "Nous étions à Langevin lorsqu’une voiture nous a attrapés, raconte Johnny. Ils nous ont emmenés à la Plaine des Cafres pour nous martyriser. Nous étions séquestrés. Ils nous tiraient l’argent et le gardaient pour eux. Nous étions frappés, enfermés, enchaînés. Ils nous douchaient dehors malgré le froid".
 

Verdict mercredi

Les accusés lui avaient subtilisé sa carte et lui volait l’argent du RSA comme aux autres victimes. Ils parvenaient ainsi à soutirer près de 3 000 euros par mois à leurs victimes. Elles sont cinq au total, mais au procès, il y a trois parties civiles car l’une des victimes est décédée et l’autre n’a pas d’avocat.

Les accusés seront entendus mardi matin. Pour les victimes, ce troisième procès est une nouvelle épreuve. Il va durer trois jours, et le verdict devrait tomber mercredi.