Rivière des Remparts : des Kaz Pétrels pour sauver une espèce en danger

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Scientifiques Life +
Avec les Kaz Pétrels, les scientifiques du projet Life+ ont développé un outil propice à la sauvegarde d’une des espèces les plus menacées au monde. ©Loïs Mussard
Il ne reste que 200 spécimens répertoriés dans le monde : les pétrels noirs sont en voie d’extinction. Pour pérenniser cette espèce d’oiseau migrateur endémique de La Réunion, les scientifiques du projet Life + ont réalisé des terriers artificiels, les kaz pétrels.
 
Cachés dans les falaises, entre 400 et 1200 mètres d’altitude, les pétrels noirs de Bourbon (Pseudobulweria atterima) viennent tous les ans nidifier à La Réunion. Ce sont les cousins des pétrels de Barau. Ils se distinguent par leur plumage noir intégral, un modèle migratoire spécifique, mais surtout un nombre d’individus limités.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) le classe en 15ème position des espèces les plus rares et menacées au monde. Sans dispositif approprié, le pétrel noir de Bourbon est en voie d’extinction.
Le pétrel noir de Bourbon
Le pétrel noir de Bourbon est en 15ème position sur la liste des espèces en voie d’extinction à l’échelle mondiale ©Projet Life +
C’est dans ce contexte que le projet Life + a été mis en place avec pour mission la préservation de cet oiseau migrateur capable de parcourir tout l’Océan Indien entre le sud de Madagascar jusqu’en Inde et en Australie.
Une mission délicate car les 200 spécimens restant sont très discrets. Pour les dénicher, les scientifiques ont déployé un dispositif de capteurs acoustiques tout au long des rivières réunionnaises. Accentuant leurs recherches dans le sud de l’île.  

Le cri de l’espoir


Le 15 novembre  2016, après 15 années laborieuses et 30 000 heures d’enregistrements, le premier cri de la victoire retentit à 11h36. Les premiers terriers de pétrels noirs de Bourbon ont été identifiés, localisés et explorés.

Des recherches mettant en exergue les principales causes pour expliquer la raréfaction de l’espèce. La prédation. L’incapacité des colonies à se développer harmonieusement. Les rendez-vous manqués entre individus de la même espèce.
 
Scientifiques et 4x4x Life +
C’est dans le lit de la Rivière des Remparts à Saint-Joseph que l’une des colonies de pétrels noirs a été repérée après 15 années de recherches et 30 000 heures d’enregistrements. ©Loïs Mussard
L’installation de pièges pour les rats et autres prédateurs comme les chats sauvages ont permis d’écarter une partie des menaces. Restait à trouver un moyen de fixer les pétrels et de leur offrir un espace de propice à leur reproduction.  

C’est le rôle des kaz pétrels. Des terriers artificiels construits à 400 mètres d’altitude sur les falaises de la rivière des Remparts à Saint-Joseph et celles de Grand-Bassin sur la commune du Tampon. Les deux seuls lieux où les colonies de pétrels noirs ont été répertoriées.
 

Un taux de reproduction à la hausse


En deux ans, les résultats sont prometteurs. Les scientifiques du projet Life + ont constaté que les kaz pétrels, associées à tous les dispositifs antérieurs, ont permis l’éclosion d’une quinzaine d’oisillons. Soit une progression de 80 % du taux de reproduction.  
 
Un espoir. Les colonies peuvent ainsi commencer à se développer. Les scientifiques projettent d’augmenter la capacité d’accueil des pétrels noirs avec de nouveaux terriers et d’étendre le dispositif à d’autres sites afin de densifier leur action de sauvegarde.

Un effort qui, sur le long terme, pourrait permettre aux pétrels noirs d’être davantage présents dans le paysage de La Réunion et de disparaître des listes d’espèces en voie d’extinction. 

(RE)voir le reportage de Loïs Mussard
Kaz pétrels : un espoir pour la sauvegarde de l'espèce
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