Saint-Paul : le marronnage exposé jusqu’au 29 Avril 2017 au « musée » Sudel Fuma

Fusil d'un chasseur de marrons exposé au sein de l'espace culturel Sudel Fuma
L’espace culturel Sudel Fuma s’est installé dans la longère située juste en face de la mairie de Saint-Paul. Quoi de mieux pour rendre hommage à l’historien trop tôt disparu qu’une exposition consacrée au marronnage.
Depuis trois ans, historiens, archéologues et géologues travaillent sans relâche pour retracer l’histoire du marronnage à La Réunion au 18ème siècle.
Pour ce travail titanesque, ils s’appuient dans cette tâche sur les récits de François Mussard.
Après chaque mission, le tristement célèbre chasseur d’esclaves en fuite (Ndlr : appelés marrons) décrit avec application ses traques sur les hauteurs de l’île Bourbon et à l’intérieurs des cirques.
Il relate sans oublier le moindre détail, le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qu’il a poursuivis ou découverts.
Il note le nombre de cases, mais également comment sont organisés les camps.
 
Un laser pour voir sous la végétation
 
Ces éléments ont permis aux chercheurs de cibler les zones à explorer et les signes qui permettent de trouver les traces de ces camps. Pour parvenir à se glisser dans les pas des marrons, géologues et archéologues utilisent un laser qui permet de découvrir les indices anciens de fondations ou de feux dissimulés sous l’épaisse végétation tropicale de La Réunion.
De nombreuses données recueillies grâce à des survols en hélicoptère et des images prises par des satellites sont encore à exploiter. Les organisateurs de l’exposition Marronnage estiment qu’ils ont trois ans de travail devant eux…
 
Une exposition qui rend hommage à Sudel Fuma
 
L’exposition s’est installée dans l’espace Sudel Fuma, juste en face de l’hôtel de ville de Saint-Paul, jusqu’au 29 Avril 2017. Un lieu dédié à l’historien disparu en baie de Saint-Paul en Juillet 2014 au cours d’une partie de pêche.
Enseignant à l’université de La Réunion, directeur de chaire de l’UNESCO, il a participé à de nombreux travaux sur l’histoire de l’esclavage à La Réunion, mais aussi à Mayotte, Maurice, Rodrigues, Madagascar ou encore aux Seychelles. Tout au long de sa vie, il n’a eu de cesse de reconstituer la route des esclaves transportés vers l’île Bourbon et l’île de France.
Sujet : Jean-Marc Seguin Montage : Thierry Custine
©reunion