Y-a-t-il eu des dérives dans la distribution de l’aide alimentaire à Saint-Paul ?

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Une collecte alimentaire (image d'illustration).
Une collecte alimentaire (image d'illustration). ©Imaz Press
Le procureur de la République a ouvert une enquête pour déterminer s’il y avait eu des dérives dans la distribution de l’aide alimentaire à Saint-Paul. En cette période de confinement, des colis alimentaires ont été distribués, mais « la procédure n’a pas été respectée ».
La crise sanitaire du coronavirus a pris tout le monde de court à La Réunion. « Les Centres Communaux d’Actions Sociales, les associations ou les banques alimentaires ont été submergés de demandes d’aide d’urgence », explique Audrey Fontaine, présidente du CCAS de l’Ouest.
 

Pas de liste de personnes, ni de bon distribué

Avec le confinement, le Centre Communal d’Actions Sociales assuraient seulement les permanences téléphoniques pour les personnes isolées ou les SDF et se chargeaient de la distribution des paniers fraîcheurs.

Pourtant, en temps normal, le rôle du CCAS est d’établir une liste des personnes nécessiteuses avec des critères bien spécifiques. Ces personnes reçoivent alors un bon afin de pouvoir bénéficier d’un colis alimentaire. La Croix Rouge, la banque alimentaire des Mascareignes et les associations agrémentées distribuent ensuite ces colis sur présentation de ce bon.
 

"La procédure n’a pas été respectée"

Avec le confinement, il n’y avait plus de bon de délivré par le CCAS. Est-ce là que le bât blesse ? Peut-être un effet d’aubaine qui a pu profiter à certains élus ? Ils ont désigné des personnes référentes pour récupérer les colis alimentaires auprès de la Croix Rouge.

La Croix Rouge étant débordée, elle ne pouvait tout vérifier. Les personnes référentes se sont alors engouffrées dans cette brèche pour récupérer plus qu’il n’en fallait. Pour Audrey Fontaine, présidente du CCAS de l’Ouest, la procédure normale n’a pas été respectée.
 

Du clientélisme ?

De son côté, le procureur de la République n’exclut pas qu’il y ait du clientélisme dans ce « détournement de colis ». « Une pratique courante ici », ajoute-t-il.

Eric Tufféry a ordonné une enquête. L’objectif est de savoir si le processus était organisé, structuré, frauduleux et s’il s’accompagnait de pression ou de chantage.
 
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