Journées du Patrimoine : à la (re)découverte de la forêt primaire tropicale de Saint-Philippe

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Forêt primaire tropicale de Saint-Philippe La Réunion
Forêt primaire tropicale de Mare-Longue à Saint-Philippe. ©Olivier Murat
C’est au patrimoine naturel de La Réunion que Patrick Fontaine proposera au public de s’intéresser les 17 et 18 septembre prochains. A l’occasion des Journées du Patrimoine, il emmènera les visiteurs dans une forêt vieille de plusieurs centaines d’années.

Voyage au pays du murmure des branches des arbres et des chants des oiseaux. C’est à Mare-Longue, dans cette forêt vieille de plusieurs centaines d’années, que Patrick Fontaine a passé le plus clair de son enfance.

Patrick Fontaine installé sur les racines d’un bois de pommes
Patrick Fontaine installé sur les racines d’un bois de pommes ©Loïs Mussard

Une multitude d’arbres extraordinaires

Aujourd’hui, il remonte le cours de l’histoire familiale pour entretenir et protéger le patrimoine légué par son père. Un de ses plus augustes trésors, un arbre de plus d’une vingtaine de mètres de hauteur, d’une circonférence de 2,5 mètres et âgé de plus de 400 ans.

Il s’agit d’un bois de Pomme, sur lequel vivent une vingtaine d’espèces épiphytes, selon le propriétaire du Jardin des Parfums et des Epices à Saint-Philippe. A vue d’œil, il distingue en un instant des langues de serpent, Faham, fougère ruban, fougère Patte de lézard, et bien d’autres encore. La forêt abrite des arbres extraordinaires.

Regarder le reportage de Réunion la 1ère :

Journées du Patrimoine : à la (re)découverte de la forêt primaire de Saint-Philippe.

Des arbres aux âges certains…

Un peu plus loin, un petit frère aux racines dessinant un trône naturel. Sur ce bois de Pomme, Patrick a posé ses repères pour mesurer le temps s’écoulant à une allure décalée de celle de l’échelle humaine.

En regardant le sol, on voit encore des coulées de lave qui sont, on dirait, d’hier puisqu’elles sont cordées. La végétation qui a poussé dessus ne doit pas dater de plus de 800 ans par exemple. C’est pour cela, que l’on voit ici des arbres qui ont facilement 400 et quelques années.

Patrick Fontaine, propriétaire du Jardin des Parfums et des Epices 
Forêt primaire tropicale de Saint-Philippe La Réunion.
Forêt primaire tropicale de Mare-Longue à Saint-Philippe. ©Olivier Murat

… et aux noms parfois incertains

Bois de rempart, bois de fer, ti natte gros natte, bois d’osto, bois blanc, bancoul, sont des noms souvent oubliés, signe de la rareté des espèces de cette forêt primaire tropicale. Des noms de baptême donnés par des anciens ne manquant pas de poésie et d’humour.

La particularité du bois de perroquet, c’est qu’il a une croissance très lente, il a très peu d’aubier, c’est-à-dire de bois tendre autour, et quand on l’utilise, on peut utiliser tout du bois alors que pour certains on utilisera que le cœur parce qu’ils sont beaucoup plus durs. 

Patrick Fontaine, propriétaire du Jardin des Parfums et des Epices 

Un écosystème à l’équilibre complexe... 

Ces arbres constituent une partie des richesses de cette forêt. Nichées sur les branches ou directement sur les troncs, des orchidées et des fougères viennent apporter ornement, mais pas seulement.

Certaines fougères épiphytes étendent leurs feuilles afin de capter d’autres feuilles. Leurs micro-organismes vont les minéraliser pour s’en nourrir, explique Patrick Fontaine.  

Forêt primaire tropicale de Saint-Philippe La Réunion
Forêt primaire tropicale de Mare-Longue à Saint-Philippe. ©Olivier Murat

... où "la mort engendre la vie"

La forêt est aussi le théâtre d’histoires séculaires avec des mariages heureux, mais aussi des drames annoncés, comme pour un bois maigre de 300 ans étouffé petit à petit par un ficus étrangleur. Il ne faut pourtant pas se fier aux apparences, quand l’étrangleur serra le bois maigre, ce dernier va se sentir en danger et sur 5 ans, 50 ans, voire 100 ans, il va faire plus de fleurs et plus de fruits que d’habitude.

Forêt primaire tropicale de Saint-Philippe La Réunion.
Ficus étrangleur autour d'un bois maigre dans la forêt primaire tropicale de Mare-Longue à Saint-Philippe. ©Olivier Murat

Avec l’action des abeilles, et des insectes en général, ou encore les oiseaux, ces fleurs et ces fruits vont se disperser. Si bien que quand l’étrangleur aura fini de "manger" le bois maigre, des centaines ou des milliers d’autres partiront tout autour, explique l’expert. " La mort amène bien la vie en terre ", conclut-il.

La mort qui engendre la vie, une philosophie que Patrick a appris au contact de la nature. Une encyclopédie vivante, dont il perpétue les enseignements à tous ceux, comme lui, qui vouent respect et admiration à un environnement passionnant.

Patrick Fontaine installé sur les racines d’un bois de pommes
Patrick Fontaine installé sur les racines d’un bois de pommes ©Loïs Mussard