Saison des baleines 2020 à La Réunion : 54 spécimens à bosses recensés par Globice

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saison des baleines La Réunion observation au large de Saint-Gilles 120820
©Globice Réunion / Isabel Preud'homme
Grandes migratrices, les baleines à bosses parcourent plusieurs milliers de kilomètres entre leurs zones d’alimentation polaires et les zones de reproductions tropicales. Ainsi, de juin à octobre 2020, 54 baleines à bosses sont venues nager dans les eaux réunionnaises indique Globice.
 
Depuis 2004, Globice mène des suivis en mer pour recenser les baleines à bosses fréquentant les eaux réunionnaises. En effet, dans l’hémisphère Sud, cette espèce se nourrit en Antarctique durant l’été austral, soit de décembre à mars, et rejoint les eaux un peu plus chaudes de juin à octobre. C’est à cette occasion que leur ballet peut être admiré aux larges des côtes.

Cette année, l’effort de prospection de Globice a été quelque peu contrarié par des conditions météorologiques peu propices aux sorties en mer notamment des épisodes de fortes houles et des vents forts réguliers. Ainsi, 101 sorties ont été programmées sur la saison permettant le recensement de 54 baleines à bosses aux abords de La Réunion. C’est moins que les 91 spécimens recensés l’an dernier ou les 292 aperçues en 2018. Mais tout même plus que les 10 cétacés recensés en 2016.
 
Les baleines se sont à nouveau données en spectacle, jeudi 6 août, au large de Saint-Gilles.
Les baleines se sont à nouveau données en spectacle, jeudi 6 août, au large de Saint-Gilles. ©Globice Réunion

Les causes de cette variabilité restent encore méconnues mais plusieurs hypothèses sont émises comme l’impact de la quantité de nourriture disponible ou l’utilisation d’autres zones de reproduction d’une année sur l’autre.

La piste étudiée par Globice est celle d’un lien entre l’abondance de krill, source principale d’alimentation des baleines à bosse en Antarctique, et la capacité des cétacés à migrer vers les eaux chaudes pour mettre bas et s’accoupler. Les résultats préliminaires des études menées ont montré une influence potentielle de la concentration en chlorophylle A en Antarctique sur la fréquentation des baleines à bosse à La Réunion 30 mois plus tard. La chlorophylle A constitue, en effet, la principale ressource alimentaire et énergétique du krill. Si cette dernière est peu présente durant les périodes d’été australe, les baleines sont moins enclines à fréquenter les côtes réunionnaises 30 mois plus tard.
 

Les baleineaux de la partie


Les baleines à bosse observées cette année l’ont souvent été accompagnées de leur baleineau. Ainsi, avec près de 54% des observations dans ce cas de figure, la saison 2020 est l’une des saisons où le plus de mère-baleineau ont été observés depuis 2004.