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Sicalait : les éleveurs exclus exigent le rachat de leurs bêtes

Une vingtaine de personnes sont mobilisées depuis ce matin, devant les locaux de la Sicalait, à la Plaine-des-Cafres. Elles  protestent contre la récente exclusion des deux éleveurs de la coopérative.

Les deux éleveurs exclus réclament le rachat de leurs bêtes © Sophie Person
© Sophie Person Les deux éleveurs exclus réclament le rachat de leurs bêtes
  • Gaëlle Malet avec Sophie Person
  • Publié le , mis à jour le
Le bras de fer entre la Sicalait et les deux éleveurs exclus de la coopérative se poursuit.
Soutenus et accompagnés par l'ADEFAR (Association de défense des éleveurs de la Réunion), l'association "Les révoltés du 974", et quelques gilets jaunes, Georges Lauret et Jean-Paul Bègue ne lâchent pas la pression et comptent bien se faire entendre. Il se sont mobilisés une fois de plus ce matin, devant les locaux de la coopérative à Bourg-Murat. 
Georges Lauret se dit pris à la gorge financièrement depuis son exclusion de la Sicalait : " Je dois nourrir mes animaux. Je dépense pour eux mais je ne gagne plus rien". C'est pourquoi il souhaite que la coopérative lui rachète ses bêtes. C'est ce que demande également son collègue éleveur, Jean-Paul Bègue. Et ils comptent bien camper devant les locaux de la Sicalait tant qu'ils n'obtiennent pas satisfaction. 

Le cri de colère des éleveurs
 
© Loïs Mussard
© Loïs Mussard

Le 11 mars dernier, les deux éleveurs avaient mené une action spectaculaire. Jean-Paul Bègue et Georges Lauret, avaient transporté devant les locaux de la  DAAF (Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) les cadavres de deux de leurs vaches. Des éleveurs qui travaillent à perte et accumulent les dettes. Jean-Paul Bègue Bègue a perdu 17 de ses vaches laitières l’an dernier, Georges Lauret en a perdu quatre, depuis le début du mois de janvier 2019. Ils dénonçaient alors l'inaction des services publics face à la mortalité de leurs cheptels.

Le 23 mars, le couperet tombe 

Jean-Paul Bègue et Georges Lauret sont alors sanctionnés. Ils sont exclus à l'unanimité par les administrateurs de la Sicalait. Leur action devant la DAAF ne passe pas. Leur production laitière n'est donc plus collectée et ils ne sont plus rémunérés par la coopérative.
C'est la goutte de lait qui fait déborder le tank des deux éleveurs. Il n'en fallait pas moins pour les faire sortir de leurs gonds. Trois jours plus tard, ils lancent une nouvelle action coup de poing. 

Des milliers de litres déversés sur la chaussée
 
Des tanks de lait déversés sur la chaussée © Loïs Mussard
© Loïs Mussard Des tanks de lait déversés sur la chaussée


Soutenus par l'ADEFAR (Association de défense des éleveurs de la Réunion) et les gilets jaunes "Zazalés", du Tampon, Georges Lauret et Jean-Paul Bègue décident de frapper fort. Ils déversent à même le sol, l'ensemble de leur production laitière qui n'est désormais plus récoltée par la Sicalait et donc laissée à l'abandon. Des milliers de litres de lait se retrouvent sur le  rond-point de la Cité du volcan. A ce moment, les deux éleveurs prévoyaient déjà d'autres actions de ce genre jusqu'à ce que les autorités trouvent une issue à ce conflit. 

Le reportage de Laurent Pirotte et Laurent Josse :
 

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