A la rue, un couple et ses enfants dorment devant la mairie du Tampon

La famille Pansy a passé la nuit devant la mairie du Tampon, mercredi 20 janvier.

La famille Pansy a passé la nuit dernière devant la mairie du Tampon. Un campement de fortune pour exprimer son désarroi. La famille est sans toit après avoir fui un logement insalubre. Elle demande d’urgence l’aide de la mairie qui assure faire le nécessaire.

"Je vais mettre ma couverture à terre et dormir là, assure Siven Pansy. Je ne bougerais pas tant que le maire n’aura pas trouvé une solution".

La nuit dernière, Siven Pansy, sa femme, Stéphanie et trois de leurs quatre enfants ont dormi devant la mairie du Tampon. "Je vais laisser les marmailles dormir dans l’auto, explique Stéphanie. Moi, je vais veiller".

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

 

Un logement insalubre

La famille Pansy est à la rue. Pour elle, le calvaire a commencé il y a quelques mois. Fissures, fuites d’eau, problèmes d’électricité : la maison qu’ils louent est insalubre. "Lorsque le plafond menace de s’effondrer", la famille Pansy décide de quitter le logement précipitamment.

Pas de permis de construire

Elle évacue les lieux et découvre que la maison n’a même pas de permis de construire. "On a découvert que la maison n’existait pas, alors que nous étions dedans", s’agace Stéphanie. "Et elle est construite dans une zone à risques", ajoute son mari.

Difficile pour ces deux parents sans emploi, et leurs quatre enfants, dont un handicapé, de retrouver un toit. Un arrêté de mise en péril émanant de la mairie du Tampon pourrait les aider, mais il n’a pas été pris.

Pas de mise en péril

La mairie du Tampon explique avoir envoyé "un ingénieur pour constater l’état de la maison". "Effectivement il y a des dégâts, mais la maison n’est pas prête de s’effondrer de suite, relativise Daniel Maunier, conseiller municipal, vice-président du CPAS du Tampon. C’est donc un problème à régler avec le propriétaire, il n’y aura pas de mise en péril".

La mairie assure qu’elle aide cette famille "à trouver un logement adapté à leur situation, car il y a un enfant handicapé". "Nous leur avons trouvé un logement, mais en étage. Le père a refusé. Nous continuons les recherches auprès des bailleurs sociaux", assure Daniel Maunier, conseiller municipal.

Dans un communiqué diffusé ce mercredi soir, le CCAS du Tampon ajoute avoir proposé à la famille "d'être logé à l'hôtel à la charge de la commune", mais le père aurait "décliné l'offre parce que les repas ne sont pas payés par la commune". Le CCAS écrit que la commune "n'a pas les moyens de répondre à ses exigences, c'est-à-dire, de lui louer une villa type T5 avec jardin privatif".

"Vivre comme une famille normale"

"Aujourd’hui, je veux juste une maison où mettre mes enfants en sécurité, qu’ils puissent se reposer, explique de son côté, Siven, le père de famille. Juste vivre comme une famille normale". La nuit dernière, la famille est restée devant les locaux de la mairie. "On a des soutiens, mais on en a ras le bol, craque Stéphanie en larmes. On demande juste de l’aide pour être reloger, mais rien ne bouge".