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Miel : les apiculteurs traquent le varroa

La miellée de baies roses à peine terminée, les apiculteurs sont à pied d'oeuvre pour traiter leurs ruches avant la sortie des fleurs de letchis. A défaut, le varroa, un parasite virulent apparu en mai 2017 à La Réunion peut détruire des colonies entières d'abeille en l'espace de deux mois.   

Le miel de La Réunion est menacé depuis l'apparition du varroa en mai 2017. Les agriculteurs doivent impérativement traiter leur rucher sous peine de le voir les colonies d'abeilles décimées par le parasite. © Loïs Mussard
© Loïs Mussard Le miel de La Réunion est menacé depuis l'apparition du varroa en mai 2017. Les agriculteurs doivent impérativement traiter leur rucher sous peine de le voir les colonies d'abeilles décimées par le parasite.
  • Par Lois Mussard
  • Publié le , mis à jour le
Il n'est pas très épais. Il n'a pas remporté de concours de beauté. Mais il fait des ravages dans les ruchers. Pas tant qu'il soit apprécié des abeilles, c'est même un peu le contraire... Le varroa destructor est une variété de parasites qui porte bien son nom. Depuis son apparition à La Réunion répertoriée le 4 mai 2017, il a décimé une large partie de la production du miel pays. Avec des moyennes avoisinant les 60% à 70% de perte au sein des cheptels des apiculteurs.
 
Le varroa destructor est un minuscule parasite de 2mm qui se nourrit à la fois aux larves et aux abeilles adultes. © Loïs Mussard
© Loïs Mussard Le varroa destructor est un minuscule parasite de 2mm qui se nourrit à la fois aux larves et aux abeilles adultes.
Le mode opératoire de la petite "bébète" est pernicieux. Il s'infiltre dans les ruchers et commence à tailler en pièces les abeilles adultes. Une fois un seuil critique atteint, une partie de la colonie applique un réflexe de survie en quittant la ruche. Un essaimage désordonné souvent synonyme de perte sèche. 
 

Le varroa s'attaque aux abeilles, larves ou adultes


Le varroa ne se suffit de cette victoire territoriale. Les parasites, en quête de nouveaux hôtes pour se nourrir; migrent au sein même des alvéoles en cours de confection pour se gaver des ressources apportées par les larves. Au fil des différents stades de développement, les larves sont estropiées et ne survivent pas aux assauts de leurs prédateurs.   
 
Le varroa infecte les ruches en se nichant dans les alvéoles des couvains. Il s'attaque aux larves tout au long de leurs phases de développement rendant les futures abeilles non viables. © Loïs Mussard
© Loïs Mussard Le varroa infecte les ruches en se nichant dans les alvéoles des couvains. Il s'attaque aux larves tout au long de leurs phases de développement rendant les futures abeilles non viables.

Depuis l'arrivée du varroa à La Réunion, les professionnels s'organisent avec les techniciens du GDS, le Groupement de Défense Sanitaire. Ils ont mis en place plusieurs protocoles adaptés aux spécificités des apiculteurs. Des méthodes destinées à évaluer le taux d'infestation des ruchers, à éliminer les parasites sur les abeilles adultes à base de sucre glace et de traitement avec des produits chimiques ou respectueux de la charte de l'agriculture biologique. C'est le cas de pascal Fontaine, un apiculteur installé à Bras-Creux au Tampon
 

A partir de 3% de varroas, je procède à un traitement global"


Pour tirer au mieux partie des micro-climats de l'île, il a installé ses ruches dans le Sud, mais également dans le Nord et dans l'Est de l'île. "Pour être en phase avec une approche bio, j'ai pu déterminer avec le GDS quelle était la valeur seuil critique pour mon exploitation. A partir de 3 varroas en moyenne pour 100 abeilles, je procède à un traitement global. Ruche par ruche. Cadre par cadre. Pour éviter que le varroa n'aille contaminer d'autres ruches. C'est sûr, ça prend plus de temps, mais c'est plus efficace... " confie Pascal Fontaine, qui utilise de l'acide oxalique.   
Les professionnels comme Pascal Fontaine ont décidé d'adopter des protocoles de traitement spécifiques pour endiguer les dégâts occasionnés par le varroa. © Loïs Mussard
© Loïs Mussard Les professionnels comme Pascal Fontaine ont décidé d'adopter des protocoles de traitement spécifiques pour endiguer les dégâts occasionnés par le varroa.

Plus de travail, car l'apiculteur doit repérer la reine et l'isoler dans une cage Scalvini. Il s'agit d'une boîte disposant d'alvéoles artificielles où la reine restera 21 jours sans être perturbée car elle peut continuer à pondre.
Pendant ce temps la ruche sera vidée des cadres de cires. Le varroa ne trouve plus de couvain pour s'abriter. L'acide oxalique est ensuite appliqué entre les cadres afin de détruire les varroas adultes, dits phorétiques. Les varroas adultes éliminés ne produisent plus de larves et le cycle destructeur est ainsi endigué.     
 
Après des saisons catastrophiques, les producteurs de miel commencent à retrouver le sourire : les abeilles sont de retour dans les ruches, mais la vigilance reste de mise. © Loïs Mussard
© Loïs Mussard Après des saisons catastrophiques, les producteurs de miel commencent à retrouver le sourire : les abeilles sont de retour dans les ruches, mais la vigilance reste de mise.

Un traitement cyclique


Un traitement à réaliser en général deux fois par an. "Une fois la miellée de baies roses terminée, je m'attaque au varroa jusqu'au début du mois de juillet, pour que la miellée de letchis se déroule bien. Idem aux alentours d'octobre-novembre, je recommence cette fois après la miellée de letchis pour préparer celle des baies roses... " confie encore Pascal Fontaine. 

Le procédé a déjà fait ses preuves car en deux ans, les apiculteurs réunionnais ont constaté une nette recrudescence des varroas, un retour des abeilles dans les ruches et une reprise significative de l'activité mellifère. De quoi redonner le sourire aux producteurs car si les abeilles vont bien, le miel coule à flot et c'est toute la profession qui en tire bénéfice. 


 

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