Violences sexuelles : la parole des victimes se libère, une athlète réunionnaise témoigne

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Violences sexuelles
©Imaz Press Réunion

Dernièrement, les victimes d’agressions sexuelles osent se confier. A l’image des femmes qui ont parlé à travers le #metoo, certaines portent plainte des années après les faits. C'est le cas de Morgane, une ancienne athlète de haut niveau réunionnaise. 

Le sujet est encore tabou, mais ces dernières années, la parole des victimes d’abus sexuels se libère. Plusieurs grandes affaires ont été mises en lumière ces derniers mois, et cela dans différentes sphères de la société.

Agressions dans le milieu sportif

De plus en plus d’hommes et de femmes issus du monde sportif disent avoir été abusés sexuellement. Les victimes osent de plus en plus briser le silence.

Parmi ces voix, celle de Morgane. Il y a trente ans, elle affirme avoir été victime d’abus sexuels de la part d’un entraîneur de gymnastique. L’ancienne athlète de haut niveau vient de porter plainte.

«Je suis restée pendant des années dans le déni, j’étais honteuse, coupable, aujourd’hui j’ose le dire, j’ai été violée."

Morgane

 

En 2020, une autre sportive réunionnaise a eu le courage d’en parler. Elle a été victime d’abus sexuels pendant huit ans. Son agresseur présumé serait son entraîneur au centre équestre de la Montagne. Un calvaire que la jeune femme a vécu de ses 14 à 22 ans. La victime a porté plainte, mais après avoir été mis en examen pour viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité, l’agresseur s’est suicidé, en 2019. L’enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités de chacun et découvrir s’il y a d’autres victimes dans l’île. 

Les proches doivent aussi agir

Si aujourd’hui, les victimes témoignent, leur entourage doit également les aider. D’après Caroline Calbo, procureur de la République de Saint-Pierre, "dans la cellule familiale, c’est très compliqué". Certaines réactions des proches "engendrent une culpabilité" chez les victimes. "Trop de mères ou de pères voient des choses mais se taisent" déplore la procureur.  

Aujourd’hui, le délai de prescription pour un viol sur mineur est de trente ans, à compter de sa majorité.

#Metooinceste974

Dans la lignée du mouvement national #metoo qui encourage les femmes à dénoncer les violences sexuelles dont elles ont pu être victimes, plus récemment, le #metooinceste a fait son apparition. Un mouvement péi a lui aussi vu le jour, depuis quelques jours, le #metooinceste974 prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Au niveau national, en 2009, 3% des Français se déclaraient avoir déjà été victime d’inceste. Ils étaient 6% en 2015 et 10% en 2020.