Wakashio : les pêcheurs et les artisans de la mer mauriciens n'ont plus de revenus

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Marée noire à Blue Bay
©Capture d'écran moustique.be
Le naufrage du Wakashio et la marée noire qui a suivi a impacté l'environnement, mais aussi la vie des Mauriciens qui vivent de la mer. Une skipper, qui loue son bateau et ses services aux touristes, témoigne. Le gouvernement annonce une aide financière de 10 200 Rs, soit 216 €.
Avec 10 200 roupies mauriciennes, soit 216 euros, pour faire face à l'absence de revenus depuis des mois (crise Covid et le naufrage du Wakashio), les pêcheurs et les artisans de la mer spécialisés dans le tourisme sont très inquiets. Les factures s'accumulent et ils ne disposent plus du moindre revenu.  
Depuis la marée noire qui a affecté Blue Bay, Virginie Orange, première Mauricienne à avoir embrassé le métier de skipper, s'interroge sur l'avenir de sa profession et de celle des dizaines de personnes, qui comme elle, vivaient grâce à l'océan. 
Virginie Orange skipper Mauricienne
©Capture d'écran Le Mauricien

L'avenir des pêcheurs et des skippers est incertain 


"Nous avons appris qu’une somme de Rs 10 200 nous sera proposée comme salaire. Personne n’est venu nous rencontrer pour discuter et voir comment on gagne notre vie chaque jour. Personnellement, je suis très intéressée à connaître les conclusions du rapport du naufrage du Wakashio et sur quels critères se basent les autorités pour avancer ce chiffre de Rs 10 200 dans le cas des plaisanciers. Nous payons la Tourism Authority (TA) et la taxe. J’ai travaillé pendant 20 ans et ce n’est que l’année dernière que j’ai pu faire l’acquisition d’un véhicule à crédit. Il me permet de ramener mon bateau lorsqu’il y a du mauvais temps", confie-t-elle au journal Le Mauricien.
Marée noire à Maurice 19 août 2020
©Capture d'écran L'Express de Maurice

De nouvelles mesures antipollutions doivent être prises 


Les plaisanciers du Sud-Est de l'île Maurice se sont regroupés au sein d'un comité pour entamer des discussions avec le gouvernement. Des experts affirment qu'il faudra cinq à dix ans pour que la nature se remette de cette catastrophe. "Que se passe-t-il en attendant ?", demande Virginie. Avec l'ensemble des professionnels concernés, elle souhaite rencontrer les autorités pour éclaircir l'avenir, "Il y a trop de flous autour de cette situation. Dans mon cas, par exemple, il n’y a que le métier de skipper que j’ai appris depuis mon enfance, et ce sera difficile pour moi de me recycler"
Elle demande que de nouveaux barrages soient mis en place pour prévenir la propagation d'hydrocarbure.
Elle, comme les autres habitants de Blue Bay, demande que des analyses soient rapidement effectuées pour déterminer l'impact de ce fioul sur la biodiversité.


 
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