Les coûts de construction flambent à Saint-Pierre et Miquelon

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Conséquence de la pandémie de coronavirus, les coûts de construction à l’international ont augmenté de manière importante sur l’année écoulée. Cette hausse est également perceptible à Saint-Pierre et Miquelon, ce qui inquiète les commerçants.

La crise sanitaire n’a épargné aucun secteur. Depuis quelques temps, les professionnels de BTP alertent sur une flambée des prix des matériaux de construction. Cette augmentation est due à des délais de livraisons allongés partout dans le monde, alors que la demande reste toujours aussi importante, voire qu’elle augmente.
 

À quoi est due cette hausse des prix ?

 

Si l’augmentation des prix est une conséquence directe de la crise sanitaire, plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour l’expliquer. La production a été ralentie par l’épidémie de coronavirus, ce qui fait que les fournisseurs ont moins de stock alors que la demande reste tout aussi importante, voire augmente.

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Un gérant d’une entreprise locale spécialisée dans la construction explique que "le délai est trop long" pour obtenir les matériaux. Les fournisseurs, canadiens pour une grande majorité, livrent en priorité leurs clients locaux, avant de se concentrer aux exportations internationales. "Ils n’arrivent même pas à fournir leurs propres clients", ajoute-t-il.
  

Une hausse des prix sur le long terme

 

Depuis un an, le prix des matériaux de construction est en augmentation. Plus fortement à certaines périodes, mais la tendance reste constante et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Dans l’archipel, au mois d’août déjà, les professionnels du secteur alertaient sur la hausse des prix. Le bois d’œuvre plus particulièrement avait atteint des chiffres déjà inédits. Le prix des "2 "4 et des contreplaqués avait augmenté de 53% entre mai et août 2020 par exemple. Plus largement, entre mars 2020 et mars 2021, le prix des 2"4 a augmenté de 115%, tout comme celui des 2’’6, et celui des plaques de contreplaqués a augmenté de 80%. Et la tendance est telle que les prix des matériaux peuvent fluctuer au cours de la journée.

On leur donne un devis, mais les prix des matériaux peut évoluer dans la journée, avant que le devis ne soit signé.

Hugo Chemla

 

Pour les entreprises du secteur, la fluctuation des prix complique la tâche. Habituellement, les prix des devis sont valables pendant près de 45 jours, alors qu'actuellement, les prix peuvent changer en deux jours voire moins. Afin d’éviter le risque d'avoir à payer un prix différent que celui annoncé sur le devis, Hugo Chemla, directeur commercial conseille à ses clients de "tout commander d’un coup", une fois le devis signé. L’entreprise tente aussi de proposer des solutions alternatives moins onéreuses, comme d’utiliser du prégymétal au lieu de 2’’4 pour une cloison intérieure. Mais le vendeur constate qu'il est difficile de faire changer des habitudes acquises depuis des années.

Malgré le fait que les prix soient hauts, les gens veulent construire de la même manière.

Hugo Chemla

 

L'entrepreneur interrogé confirme que "pour les gens, ça n’a rien changé", la demande est toujours aussi forte. Selon lui, comme les habitants de l’archipel ne peuvent pas voyager en raison de la situation sanitaire, ils en profitent pour effectuer des travaux sur leurs résidences "sans forcément faire attention aux prix."
  

Quelles solutions alternatives envisager ?

 

Face à cette situation inédite, les entreprises locales ont dû s’adapter. Dans une entreprise, la direction a fait le choix de l’anticipation. Par exemple, ils ont décidé de commander d’un coup tout leur stock de bois traité pour l’année. Si cela leur permet de bénéficier d’un prix stable pour le revendre, la démarche n’est pas sans risque. "Si jamais les prix du marché finissent par baisser, on pourrait se retrouver à devoir vendre ce bois à perte", explique Hugo Chemla.

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L’entreprise tente aussi de faire un maximum de stock pour tous les autres matériaux, mais ce n’est pas la seule à devoir se fournir. Comme les stocks des fournisseurs sont faibles et que la demande est forte, les prix sont en hausse. Cette réalité s'impose à la fois au Canada et en Europe. Si cette situation venait à s’inscrire dans le temps, l’entreprise envisagerait de se tourner ailleurs pour se fournir à un meilleur prix.

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