Opération de comptage des cormorans au large de Miquelon

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Îlot abritant des cormorans à aigrettes à Saint-Pierre
Sur cet îlot au large de Belliveau cohabitent des goélands, des phoques et des cormorans à aigrettes. C'est cette espèce que les techniciens de la DTAM sont venus recenser en particulier. Et en 15 minutes ils ont dénombrer pas moins de 190 nids. ©SPM La 1ère

Compter une espèce est une opération régulièrement menée par les équipes de la DTAM. Ce jeudi 3 juin, leur objectif est de dénombrer la population de cormorans à aigrettes nichée au large sur un îlot préservé. Connaître leur nombre est essentiel pour la préservation des écosystèmes.

Ils n'ont pas voulu passer à côté de cette occasion : pouvoir profiter de conditions météorologiques idylliques pour mettre le cap sur la côte Est de Miquelon à destination du plus grand bassin de population de cormorans à aigrettes c'est-à-dire Belliveau. C'est précisément sur le haut de quelques rochers qui émergent de l'océan que se trouvent de nombreux nids de cette espèce.

Un îlot de nidification des cormorans à aigrettes
C'est au sommet de ces rochers que des cormorans à aigrettes se sont installés pour nidifier. ©SPM La 1ère

 

Des données précieuses pour connaître l'espèce

 

Un petit îlot préservé qui abrite une faune diversifiée puisqu'aux côtés des cormorans cohabitent aussi des goélands et des phoques, ce qui en fait un terrain d'observation extraodinaire pour les spécialistes de la biodiversité, qui renouvellent régulièrement les opérations de comptage. En 2020, par exemple, 183 nids de cormorans à aigrettes ont été repertoriés très méthodiquement.

Pour avoir un comptage précis, on met une marque sur chaque nid. On ne peut pas faire de linéaire tellement il y a de nids, donc on fait un coin et comme ils sont marqués, on sait si on a tout fait ou pas. On est sûrs de ne pas compter deux fois.

Daniel Koelsch

 

Le comptage est une opération méticuleuse qu'il faut éxecuter rapidement pour déranger le moins possible les espèces présentes. Lors de cette sortie, il aura fallu quinze minutes pour recenser les 190 nids installés sur les rochers.

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"La population est stable, il y a un léger accroissement. Par contre par rapport à l'année dernière il y a une forte prédation, précise Daniel Koesch, chargé de mission biodiversité à la DTAM. On a vu beaucoup d'oeufs qui étaient cassés et plusieurs nids vides (...) Il y a probablement des goélands qui se nourrissent avec les oeufs de cormorans à aigrettes"

Nids vides et oeufs cassés sont un signe de la prédation exercée sur l'îlot qui abrite les cormorans à aigrettes.
Nids vides et œufs cassés sont un signe de la prédation exercée sur l'îlot qui abrite les cormorans à aigrettes. ©SPM LA 1ÈRE

 

Ces observations et données sont primordiales pour comprendre comment les différentes espèces présentes sur place cohabitent et interagissent. "Si ils sont là c'est qu'ils ont à manger, c'est qu'ils arrivent à alimenter les jeunes et donc ça veut dire qu'ils trouvent ce qu'il faut en poisson fourrage", détaille Franck Urtizbéréa, technicien biodiversité à la DTAM. Ce qui est vraiment intéressant par rapport au capelan par exemple, qu'on trouve de moins en moins, qui est de plus en plus rare sur les côtes, donc ça veut dire que eux ils trouvent quelque chose pour compenser les pertes qu'il peut y avoir sur d'autres espèces."

Le reportage de Mathias Raynaud et Jérôme Anger.