Archéologie : un ancien quai de pêche en bois découvert au fond du port de Saint-Pierre

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A l'occasion d'un diagnostic de sauvegarde dans le port, les plongeurs archéologues de l'INRAP ont identifié les vestiges en bois d'un ancien chafaud, quai sur pilotis anciennement dédié aux pêcheurs de Saint-Pierre et Miquelon

C'est un témoignage du passé morutier de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon que les archéologues viennent de mettre au jour. A l'occasion d'un diagnostic d'archéologie sous-marine commandé par le DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) et mené dans le port de Saint-Pierre, les plongeurs de l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont identifié les vestiges  immergés d'un chafaud datant de plusieurs siècles. Enfouie dans les sédiments, l'Histoire maritime de Saint-Pierre commence à livrer ses secrets.

Plusieurs siècles d'Histoire de la pêche

Les chafauds (ou échafauds) étaient des quais sur pilotis, couverts, destinés aux petits pêcheurs, qu'ils montaient au printemps, et démontaient l'automne venu.

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Rreprésentation d'un chafaud, à Saint-Pierre et Miquelon

 

Le chafaud documenté au Musée de l'Arche

Le chafaud de pêche repéré par les archéologues était déjà documenté, grâce aux recherches menées aux archives locales, ainsi qu'à la Bibliothèque Nationale de France. L'ouvrage est parallèle à la côte, dans un bon état de conservation. À proximité, quelques objets de la vie courante des trois derniers siècles ont également été retrouvés, tels des pipes en terre ou des fonds de bouteilles. 

Diagnostic avant travaux... ou pas

Depuis plus de deux semaines, les plongeurs archéologues de l'INRAP ratissent donc une partie du port de Saint-Pierre, à proximité de l'actuel quai d'accostage provisoire des ferries de la Collectivité territoriale.

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Déclenchée par le projet d'extension du quai (projet que le président du Conseil territorial a annoncé ultérieurement vouloir annuler), la campagne préventive a pour objectif de repérer les vestiges historiques liés à l'occupation et l'activité du port.

Plongées en eaux troubles

Les plongées s'effectuent en eaux peu profondes, et troublées par le vent et par les mouvements des ferries. Les plongeurs doivent par ailleurs composer avec les eaux usées, provenant de la sortie de l'égout voisin. 

Et plus tard, des fouilles ? 

Au terme des recherches, l'INRAP restituera toutes ses données à la Collectivité territoriale, ainsi qu'au DRASSM (Département ) qui a commandité la mission archéologique. 

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En fonction des vestiges identifiés au fond du port, et du risque de destruction, le DRASSM se prononcera sur les suites à donner : soit la libération du terrain, soit une demande d'évitement, soit une fouille si elle était jugée nécessaire.

L'objectif est de préserver par l'étude le patrimoine archéologique, qui serait conservé dans l'emprise des travaux.

Elisabeth Veyrat, chargée de mission INRAP

 

Le chaufaud identifié mais désormais englouti, témoigne en tout cas de la perpétuelle modification du port de Saint-Pierre, depuis plus de trois siècles. 

Le reportage de Claire Arrossamena et Jérôme Anger

 

Diagnostic préalable

L'opération menée dans le port de Saint-Pierre correspond donc à un diagnostic préalable à de possibles fouilles archéologiques. C'est ce que confirme Cécile Sauvage, Conservatrice du patrimoine, responsable des littoraux Manche est- mer du Nord au DRASSM. Elle détaille le financement de ce type d'opération.