L'endométriose, une maladie méconnue qui sévit aussi à Saint-Pierre et Miquelon

maladie saint-pierre (spm)
Endométriose

L'endométriose est une maladie encore très peu connue qui touche pourtant une femme sur dix en France. Selon le ministère de la Santé, c'est entre 1,5 et 2,5 millions de femmes qui seraient touchées. À Saint-Pierre et Miquelon, une jeune femme nous raconte son parcours face à la maladie.

L'endométriose est une maladie gynécologique complexe. Les cellules du tissu utérin appelé endomètre, qui sont normalement évacuées lors des règles, viennent se greffer à d'autres organes à proximité de l'utérus mais pas seulement. Cela provoque donc de vives douleurs chez les personnes atteintes de cette maladie qui existe sous plusieurs formes.

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En 2021, même si les voix s'élèvent de plus en plus, la maladie est encore peu connue et mal diagnostiquée. On estime qu'un diagnostic est posé en moyenne au bout de sept ans et demi. Pourquoi ? Parce qu'en plus des douleurs qu'elle incombe, les examens médicaux ne permettent pas toujours d'identifier l'endométriose, sans pour autant qu'elle ne soit écartée par les médecins. 

Et comme si la complexité de l'endométriose ne suffisait pas, il en va de même avec les traitements pour soulager les femmes de douleurs très souvent invalidantes. 

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Si dans bien des cas, un traitement hormonal (pilule contraceptive) ou des méthodes naturelles peuvent être prescrits, l'intervention chirurgicale peut s'avérer nécessaire en fonction du degré de la pathologie. Mais à ce jour, il n'éxiste encore aucun traitement propre à l'endométriose. 

Le 28 mars se déroulait la journée mondiale de l'endométriose. Une journée pour sensibiliser à cette maladie et encourager les femmes souffrant pendant leurs règles à consulter.

Le témoignage d'une Saint-Pierraise

 

En parler améliorera les connaissances sur l'endométriose, le diagnostic et les traitements. Parler de la maladie, c'est ce qu'a accepté de faire Jessica Lafitte, une jeune femme Saint-Pierraise âgée de 25 ans.

La 1ère : Quand avez-vous été diagnostiquée ? 

Jessica Lafitte : J'ai été diagnostiquée en France, il y a trois ou quatre ans à propos d'une adénomiose,un genre d'endométriose, mais l'on m'a dit il y a un an que c'était vraiment de l'endométriose que j'avais. 

Quels symptômes vous ont amenée à consulter ? Connaissiez-vous l'endométriose avant cela ? 

Je ne connaissais pas cette maladie. Les premiers symptômes ont été de grosses douleurs pendant les règles depuis les premières règles, qui m'ont aussi causé des malaises, des vertiges et aussi des problèmes digestifs. 

Quel est le suivi médical pour une endométriose ? Et comment cela se passe à Saint-Pierre ? 

Personnellement, je n'ai pas eu vraiment de suivi, à part deux ou trois rendez-vous chez le gynécologue et des échographies, des IRM, sinon rien. À Saint-Pierre, j'ai vu le gynécologue qui m'a fait une échographie, mais j'ai l'impression que c'est une maladie qui n'est pas très connue encore et on ne pousse pas les examens.

Vous a-t-on préscrit un traitement en particulier ? Comment parvenez-vous à apaiser ces douleurs ?

Quand j'ai une crise, je mets une bouillotte sur le bas de mon ventre sinon la pilule en continu m'a changé la vie. J'ai toujours des douleurs qui surviennent mais beaucoup moins fortes que sans pilule. Dans mon cas les médicaments ne me font aucun effet. 

En quoi est-ce important pour vous de vous exprimer aujourd'hui ? 

C'est une maladie qui touche quand même une femme sur dix, mais d'après moi beaucoup plus en souffrent car, pour la plupart lorsque l'on a mal pendant nos règles, c'est normal. Alors que ça ne l'est pas. Il faut aller consulter dès que l'on présente des symptômes car le diagnostic est très long.

"On nous dit souvent que c'est dans la tête."

 

Et je pense que c'est important pour les femmes qui sont touchées par l'endométriose que cela soit reconnu et pris beaucoup plus au sérieux car nous n'avons pas de remède qui pourrait soulager nos douleurs. Nous réagissons toutes différemment aux médicaments mais dans mon cas, aucun antidouleurs ne m'aide lorsque je suis en pleine crise. On nous dit souvent que c'est dans la tête, que ça va partir au bout de quelques années ou alors après avoir eu un premier enfant, mais c'est faux. L'endométriose nous suit toute notre vie et les douleurs aussi. J'aimerais que l'on soit prises au sérieux lorsqu'on parle de nos symptômes. Avoir mal ce n'est pas normal et être tout le temps épuisée non plus. 

 

France Télévisions est partenaire de l'association Info-endométriose pour soutenir la recherche et la prévention. Nos confrères de La1ère ont interrogé deux femmes atteintes de la maladie. 


 

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