Tribunal : les deux adolescentes canadiennes resteront temporairement à Saint-Pierre et Miquelon

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Tribunal de Saint-Pierre
©Jérôme Anger/SPM la 1ère
Le délibéré a été rendu ce mercredi 29 septembre. Le tribunal des enfants de l'archipel ordonne la poursuite du placement temporaire des deux adolescentes canadiennes auprès du service enfance famille de la collectivité territoriale.

Le juge des enfants du tribunal de Saint-Pierre et Miquelon a rendu ce mercredi 29 septembre son délibéré dans l'affaire du père canadien arrivé avec ses deux filles le 10 septembre dernier dans l'archipel. Pour mémoire, Clayton Misener s'était soustrait à une décision de la justice canadienne concernant la garde de ses enfants.

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La décison du juge a été prise dans l'objectif "d'assurer la protection" des jeunes filles. Durant les trois prochains mois, les deux adolescentes resteront prises en charge par le service famille de la collectivité territoriale, et placées dans une famille d'accueil de Saint-Pierre. 

C'est une grande satisfaction pour tous ceux qui peuvent être inquiets du sort de leurs enfants. La justice française est là pour protéger et assurer l'intérêt supérieur de l'enfant et c'est bien ce qu'elle a fait en s'assurant que les enfants restent sur l'archipel.

Matthew Reardon, défenseur du père Clayton Misener

 

Pour le père des deux adolescentes Clayton Misener, "ce verdict est une bonne décision pour lui et pour ses filles".

On nous a donné une protection et pour ça, nous sommes tellement reconnaissants.

Clayton Misener, père des deux adolescentes

 

De son côté Patrick Tabet, défenseur de la mère Kelly Campbell, ne cache pas sa consternation face au contentement du père. Selon son avocat, " je vois encore moins comment on peut s'estimer heureux de la décision d'aujourd'hui lorsque justement  ce que demandait le papa a été refusé par le juge, c'est-à-dire qu'il voulait que les enfants soient remis au père et le juge a dit non, il y a danger je le refuse".

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Après sa fuite du Canada pour empêcher de nouveaux contacts entre ses deux filles et leur beau-père qu'il accuse d'abus sexuels, le père des jeunes filles affirme vouloir s'installer à Saint-Pierre afin d'y travailler, et prouver au juge pour enfants sa stabilité.

C'est le moment de se faire un chez soi ici, d'avoir un revenu. C'est le temps de s'intégrer, d'être partie prenante de Saint-Pierre et Miquelon.

Clayton Misener, père des deux adolescentes

 

Quand à la mère des deux adolescentes, elle espère un autre avenir pour ses enfants. Kelly Campbell envisage d'entamer une procédure en appel, afin de demander le retour des deux adolescentes au Canada pour qu'elles soient placées auprès des services sociaux de l'Ontario. Une administration qui devait selon MaîtreTabet "adresser un mail au magistrat et au service enfance famille de Saint-Pierre et Miquelon pour que les enfants qui arrivent au Canada soient pris en charge et ce mail n'est jamais arrivé".

Il apparaît quasi certain qu'un appel sera fait ne serait ce pour qu'arrive sur Saint-Pierre les écrits de ce service enfance famille de nature à rassurer un juge qui saura que les enfants sont arrivés au Canada et qu'ils seraient pris en charge par ce service enfance famille de l'Ontario.

Patrick Tabet, défenseur de la mère Kelly Campbell

 

Quand au père il est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt canadien pour non présentation d'enfants. Il pourrait avoir à affronter ultérieurement une mesure d'extradition.

Ce que je crains c'est que mes filles retournent au Canada et qu'elles soient abusées, ça c'est ma crainte. Je n'ai peur de rien d'autre. Je ne sais pas ce que le gouvernement canadien va faire, ils vont également voir [la décision du juge français]...

Clayton Misener, père des deux adolescentes

 

Que ce soit au canada ou à Saint-Pierre et Miquelon, l'avenir des adolescentes n' a pas fini d'occuper la justice.