Le MEDEF propose un plan de relance sur 10 ans pour sauver l'économie de Saint-Pierre et Miquelon

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©Phil Grondin
Invité du journal télévisé du 9 septembre, Roger Hélène, le président du MEDEF local, s'est inquiété de la situation économique de plusieurs secteurs d'activités à Saint-Pierre et Miquelon et a dévoilé les propositions de l'organisation patronale pour les dix prochaines années.
L'activité économique de Saint-Pierre et Miquelon a subi de profonds bouleversements depuis la mi-mars, date à laquelle le confinement a été mis en place. Certains secteurs comme l'hôtellerie, certains commerces, les bars et restaurants ou encore le BTP en portent toujours les stigmates. "Aujourd'hui, l'hôtellerie, c'est catastrophique" constate Roger Hélène, président du MEDEF local. "Certains commerces ont eu des difficultés également. Dans le secteur professionnel sportif aussi, suite aux gestes barrières et à toute la panoplie de sécurité à mettre en oeuvre" continue-t-il.

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Roger Hélène insiste aussi sur les difficultés du secteur du BTP, "fragilisé au début de l'année, du côté des artisans notamment, car ils ne pouvaient pas exercer chez les particuliers". A cela s'ajoutent la difficulté d'approvisionnement en matériaux "qui se font de plus en plus rares" et la hausse des prix "qui ont explosé dans le bois d'oeuvre, dans le contreplaqué". 


Pour un plan de relance sur dix ans 


En revanche, certains secteurs ont su tirer leur épingle du jeu, notamment les commerces d'alimentation. "Du côté de Miquelon aussi, ça se déroule pas trop mal, avec le fait que les gens se déplacent beaucoup le week-end" explique le président du MEDEF, tout en tempérant. "Je sais qu'il y a quand même des petits commerces et des artisans qui ont eu de grandes difficultés sur le territoire. On n'a pas sorti la tête de l'eau". 

Et pour sortir la tête de l'eau, l'organisation patronale compte sur le plan de relance annoncé par le gouvernement la semaine dernière. Les outre-mer devraient bénéficier d'1,5 milliard d'euros sur deux ans. Mais pour l'instant, Roger Hélène "n'a pas entendu parler de ressources pour Saint-Pierre et Miquelon" et estime d'ailleurs que la somme allouée par le plan de relance pour les territoires ultramarins "n'est pas si importante que ça". 

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Par conséquent, le MEDEF local a demandé "un plan sur dix ans, et pas sur deux ans, pour que l'archipel puisse s'en sortir". Roger Hélène estime que l'archipel a "des besoins essentiels [...], à travers le port, l'aménagement de l'habitat, les chemins piétonniers" avec comme justification de renforcer l'attractivité du territoire. 


Neuf axes de développement 


Ce plan de relance adapté à l'archipel contient, selon Roger Hélène, neuf axes de développement proposés aux élus locaux. "C'est important aujourd'hui de pouvoir discuter ensemble, échanger pour mettre en avant de véritables projets" explique le président du MEDEF. Ces projets concernent les grands dossiers du territoire : le BTP, le développement d'infrastructures ou encore le tourisme. "Si aujourd'hui on a des chaussées qui sont réhabilitées, des façades de maisons qui sont bien décorées, si les gens peuvent se promener en sécurité autour de l'archipel, demain les choses vont avancer." affirme-t-il.

Parmi les propositions, une place importante est faite à l'aménagement du littoral. "Depuis une quinzaine d'années, il y a beaucoup de projets qui ne se réalisent pas. On a souhaité les remettre en avant. Aujourd'hui, pour le bien-être de la population, il est essentiel d'avoir des chemins piétonniers et cyclables. Par exemple, sur la route de Savoyard, ou en partant de l'ancien frigo jusqu'à la Digue aux Moules. C'est une attractivité supplémentaire" conclut-il.

Entretien avec le président du MEDEF, Roger Hélène, réalisé par Adrien Develay :
 
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