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Le monopole aérien sur Wallis et Futuna à nouveau contesté

La  suppression, en septembre, de plusieurs vols desservant l’aéroport de Hihifo a relancé les critiques contre Aircalin. La compagnie aérienne est mise en cause, par les associations d’usagers, pour son monopole sur Wallis et Futuna.

  • Par Patrick Ferrante
  • Publié le , mis à jour le
L’annulation inattendue de plusieurs vols à l’aéroport de Hihifo, au mois de septembre, a ravivé la contestation du monopole aérien détenu par la compagnie néo-calédonienne Aircalin sur Wallis et Futuna, aussi bien sur le trafic domestique que sur les liaisons internationales.

Aussitôt l'information connue,  les associations d’usagers sont montées au créneau pour dénoncer les suppressions de vols qui entraînent « la disparition de places au tarif le moins cher » selon Francis Alary, président de l’Association des usagers d’Aircalin qui en profite pour rappeler ses griefs habituels contre la compagnie, « service, nourriture, horaires » , rien ne résiste à ses critiques.


"Le billet le plus cher du monde"


La suppression de vols, le mercredi en haute saison, est d'autant plus mal ressentie que cette liaison a déjà été supprimée définitivement en basse saison: : "c’est affreux pour le consommateur car c’est un vol direct " affirme Otile Tuigana, vice-présidente de l’AFOC, l’association de consommateurs du syndicat FO qui s’élève contre « le billet le plus cher au monde ».

Tant Francis Alary qu’Otile Tuigana voient en Aircalin « une compagnie néo-calédonnienne qui arrange  "les Calédoniens plus que les Wallisiens et Futuniens", selon les termes de la vice-présidente de l’AFOC. « On a l’impression d’être maltraité » surenchérit Francis Alary.

La direction d’Aircalin n’a pas souhaité répondre à ces nouvelles mises en cause mais sa représentante sur le territoire avait défendu, par le passé, la réduction du plan de vols de la compagnie en mettant en avant le fléchissement de la fréquentation à Hihifo. 

Si le nombre de passagers domestiques reste stable, environ 13 000 par an, l'international lui est en forte régression. En 2014, seules 25 000 personnes ont voyagé en dehors du territoire contre une moyenne de 30 000 depuis le début de la décennie.


Concurrence de Fidji


Plus que ces critiques récurrentes, la principale menace pour Aircalin vient du prochain appel d'offre pour la desserte inter-îles entre Wallis et Futuna à partir de 2018.
Lors de sa venue sur le territoire, début septembre, la ministre des Outre-Mer, George Pau-Langevin avait affirmé que cet appel d'offre serait ouvert aux compagnies océaniennes. Cette ouverture sur le trafic domestique pourrait rebattre les cartes à l'international.

Aircalin pourrait subir une forte concurrence notamment des compagnies de Polynésie française, Air Tahiti Nui, et de Fidji, Fiji Airways. 
Le principal atout de la compagnie fidjienne est la proximité de l'aéroport de Nandi à une heure de vol seulement de Wallis. Fiji Airways s'est doté de l'avion régional franco-italien, ATR, un appareil de plus en plus prisé en Océanie

A la question de savoir si Fidji pouvait devenir le hub international du territoire, la ministre a répondu favorablement: "arriver à faire en sorte que les Wallisiens et Futuniens puissent plus facilement aller à Fidji et de Fidji aller un peu partout (dans le monde) cela semble être dans l'intérêt " du territoire, a-t-elle dit.

Aircalin dispose d'une flotte de quatre Airbus qui desservent une dizaine de destinations à partir de Nouméa avec une priorité pour L'Australie.


Fortes subventions pour la desserte inter-îles entre Wallis et Futuna

La liaison entre Wallis et Futuna est assurée par une dizaine de rotations hebdomadaires effectuée par deux appareils.
Les deux Twin-Otter de 19 places sont exploités par Aircalin mais appartiennent au territoire. L'un d'entre eux a été baptisé "Ville de Paris" car il a été offert par Jacques Chirac du temps où il était maire de la capitale.
Pour ce service, Aircalin recoit une subvention d'exploitation de près de trois millions d'Euros par an, 350 millions de Francs Pacifique, versée moitié par l'Etat, moitié par l'Assemblée territoriale.
La compagnie juge cette aide insuffisante, en raison de vols supplémentaires, et réclame 50 millions de Francs d'arriérés pour 2014. 
La ministre des Outre-Mer s'est déclarée prête à passer l'éponge mais les élus territoriaux rechignent à payer et exigent des comptes précis de la part d'Aircalin.

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