France-Oceanie: Wallis et Futuna admis au Groupe des Leaders polynésiens et promus au Forum des îles du Pacifique

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En marge du sommet France-Océanie à Paris, le président de la Polynésie française Edouard Fritch a annoncé que Wallis et Futuna allaient être admis au sein du Groupe des Leaders polynésiens. En parallèle, Wallis et Futuna pourraient  être promus membre associé du Forum des îles du Pacifique.
Double promotion pour Wallis et Futuna lors du sommet France-Océanie, le 26 novembre à Paris. Lors de cette rencontre à l'Elysée, le Président de la République, François Hollande a appuyé la demande du territoire d'accéder au statut de membre associé du Forum des îles du Pacifique.
Et, en marge de la réunion, le Président de la Polynésie française, Edouard Fritch a annoncé que Wallis et Futuna allaient être admis au sein du Groupe des Leaders polynésiens.

Au sommet France-Océanie qui a réuni les chefs d'Etat et de gouvernement des territoires insulaires du Pacifique, le Président de l'Assemblée territoriale de Wallis et Futuna était de toutes les photos, une présence qui va devenir habituelle au fur et à mesure de l'engagement du territoire dans les organisations régionales.
"Il va falloir qu'on intègre franchement ces réunions" déclare Mikaele Kulimoetoke qui ajoute: "(nous devons) faire valoir nos droits, aspirations et spécificités comme nos traditions, notre culture et notre développement économique".


Groupe des Leaders polynésiens


Le Groupe des Leaders polynésiens, que va rejoindre Wallis et Futuna, a été fondé en 2012 à l'initiatuve des Samoa. L'organisation réunit les Etats et territoires polynésiens du Pacifique-Sud: Samoa, Tonga, Tuvalu, les Iles Cook, Niue, les Samoa américaines, Tokelau et la Polynésie française. Les adhésions de la Nouvelle Zélande et de Hawaï sont à l'étude.

Son prochain sommet devrait se tenir en juillet 2016 à Tahiti: "nous essayons d'être des animateurs et concepteurs de ce qu'il faut faire" pour lutter contre les effets du changement climatique, affirme Edouard Fritch alors que les huit pays ont signé un pacte à ce sujet.

Cette association fait pendant au groupe du "Fer de lance" qui rassemble les pays et mouvements mélanésiens: Papouasie-Nouvelle Guinée, Iles Salomon, Vanuatu, Fidji et le FLNKS de Nouvelle Calédonie. L'Indonésie est associée et le mouvement indépendantiste de Papouasie occidentale est en observateur.

"La France est pleinement un pays du Pacifique" a proclamé François Hollande lors du sommet France-Océanie au cours duquel il a appelé le Forum des îles du Pacifique à admettre en son sein la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française comme membres à part entière de cette organisation et Wallis et Futuna comme membre associé.
Aujourd'hui, Nouméa et Papeete sont membres associés et Mata Utu, observateur de ce Forum qui réunit seize pays indépendants de la région.


Un donnant-donnant entre France et Océanie


Le chef de l'Etat a mis tout son poids politique dans la balance en faveur des territoires français d'Océanie, expliquant: "la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis et Futuna seront nos représentants (dans le Pacifique). Ces collectivités sont encouragées à le faire par l'évolution de leurs statuts, les larges compétences dans le domaine des relations extérieures et par la confiance que nous leur donnons pour prendre pleinenement leur part dans les organisations régionales".
Et il a conclu: "ce sera l'occasion pour nous, non pas de nous désengager mais au contraire de nous engager encore davantage à travers le Fonds Pacifique par exemple".

Le Fonds de coopération économique, social et culturel pour le Pacifique a un budget annuel de un million et demi d'Euros pour financer à 50% au maximum une quarantaine de projets de développement durable par an. A une condition: ces projets doivent contribuer à l'insertion régionale des trois territoires français.

En s'exprimant ainsi, François Hollande a semblé proposer un donnant-donnant aux Etats du Pacifique: une meilleure intégration des trois collectivités françaises dans les institutions d'Océanie en échange d'un plus grand soutien de la France à ces pays pour accéder aux aides européennes.
La France est en effet l'un des rares Etats européens présent dans la région; elle est par exemple la seule avec la Grande Bretagne à disposer d'une ambassade à Fidji.

Le président de la République a semblé indiqué également que le statut des trois territoires pourrait encore évoluer vers plus d'autonomie.
Cette promesse va dans le sens des demandes locales en Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et à Wallis et Futuna.
Pour ce dernier territoire encore loin des deux autres en terme institutionnel, l'accession à une position plus élevée dans les organismes du Pacifique-Sud passe forcément par une évolution de son organisation politique.