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Wallis et Futuna : l’épineux dossier de l’aérien vu par le président de la Nouvelle Calédonie Philippe Germain

gouvernement de Nouvelle-Calédonie
AIRCALIN
« Il faut une table ronde entre l’état, le territoire et la Nouvelle-Calédonie pour enfin faire baisser le prix des billets d'avion » déclare le  Président du gouvernement calédonien Philippe Germain dans son entretien avec notre rédaction.

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie possède 99%  des parts de la compagnie Aircalin, laquelle détient le monopole des vols internationaux. Le président du gouvernement Calédonien Philippe Germain venu pour le 4ème comité de suivi de l'accord particulier explique sa vision de la problématique aérienne lors d’un entretien accordé à la rédaction de Wallis et Futuna La Première lundi 25 mars 2019. Un entretien réalisé par Patrick Ferrante.


Mr Germain, la population se sent pris à la gorge par le coût des billets d’avion, avez-vous compris cette exaspération des usagers vis-à-vis de la compagnie Aircalin ?

Philippe Germain  : « Oui j’ai senti les attentes et récriminations vis-à-vis  de la compagnie ACI (Air Calédonie Internationale, NDLR)  qui est un peu  la victime dans cette opération. J’ai été sensibilisé par les élus locaux à ce sujet, qui est très technique et très important. Je vais l’aborder de cette manière : lorsqu’on est un petit territoire comme la Calédonie qui doit assurer sa desserte intérieure et internationale et que nous n’avons pas  les économies d’échelle des grandes sociétés, nous, gouvernement, aidons et subventionnons notre compagnie que ce soit pour l’achat des avions, la détaxation des carburants, le subventionnement des lignes directes ou la continuité territoriale intérieure pour abaisser le coût des billets d’avion … On sait qu’il faut utiliser cet outil pour faire baisser le billet d’avion. Mais vous savez,  les billets d’avion sont chers pour tous ! Ils sont chers pour les Calédoniens, et  pour les Wallisiens et Futuniens !"  


Comment vous pouvez baisser les prix des billets d’avion ?

Philippe Germain : " Seul je ne peux rien faire ! Je n’ai pas de baguette magique…Notre compagnie est tout juste  à l’équilibre, nous lui demandons d’être à l’équilibre ! Malgré toutes les subventions et les aides qu’on lui apporte compte tenu de la petite population que nous sommes (elle reste peu nombreuse même si l'on ajoute celle de Wallis et Futuna).Sachez que la ligne domestique entre Wallis et Futuna ne dépend pas de la Nouvelle-Calédonie ! Nous (Aircalin, NDLR) nous sommes  opérateur ! Nous avons répondu à un appel d’offre et tout n’est pas parfait."


Etes-vous favorable pour plus de vols entre Wallis-Fiji ?  

Philippe Germain : "Encore une fois,  c’est une entreprise qui doit à minima équilibrer ses comptes sinon tout s’arrête ! On subventionne cette société et on gère  notre problématique en même temps que celle de Wallis et Futuna ! Nous ne  pouvons à nous seul apporter la solution ! Nous sommes  partie prenante car il y a l’assemblée territoriale et il y a l’état ! Ce que j’ai proposé c’est de se mettre tous autour de la table et qu’on voit quelle est la solution qui nous permettra de répondre aux attentes de la population."


Quelles solutions envisagez-vous ?

Philippe Germain : "Il est trop tôt pour vous répondre précisément, mais le directeur général d’ACI (Aircalin International, NDLR) sera à Wallis au mois d’avril. L’état a également commandé une mission d’expertise au même moment.  Ce que nous avons décidés lors du 4 ème comité de suivi de l’accord particulier, c’est de mettre en place un comité de suivi de l’aérien afin d’être force de proposition." 


Pour proposer des solutions comme la continuité territoriale ?

Philippe Germain : "Oui, nous en avons parlé avec la Chambre de commerce de Wallis (CCIMA) car tous les territoires d’outremer ou presque, ont des problèmes de mise en œuvre avec ce dispositif. La continuité territoriale désigne une aide (subvention versée pour les billets d’avion)  que l’état apporte pour permettre aux ressortissants Français d’outremer de pouvoir se rendre assez régulièrement en métropole.Le problème de ce dispositif et qui touche principalement les PTOMs du pacifique est que nous avons du mal à l’utiliser car il n’est pas adapté à nos territoires. Mais nous avons parlé de cette piste nous nous sommes demandés si elle peut être adaptée entre deux territoire ultramarins. Etant donné que pour se rendre en métropole il faut s’arrêter en Nouvelle-Calédonie ? C’est un exemple, il y a eu des expériences faites dans d’autres régions, nous verrons.


Je reviens à ma questions sur les vols à Fidji est-ce que cela est possible ?

PG : [...] "Nous opérons un vol de Nouméa-Wallis, il peut s’arrêter à la demande des voyageurs sur Nandi à Fiji…. Mais si vous remplissez que le Wallis-Nandi, vous comprenez bien que la compagnie doit tenir compte du coût du restant du trajet ! Donc si elle débarque tous ses passagers sur le plus petit tronçon, l’ensemble ou les ¾ de ses voyageurs, le vol elle est vide ensuite, ce sont donc des pertes d’exploitation !" [...] Le directeur d’Aircalin a été mandaté par le gouvernement pour venir à Wallis et travailler sur des solutions avec le reste des partenaires."




Selon Phillipe Germain, une délégation de service public entre la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna est possible ce n’est selon lui tout simplement « pas le choix qui a été fait  à ce stade, mais … l’état en tant que responsable du désenclavement de Wallis et Futuna a la possibilité de mettre en œuvre une délégation de service public ! Or, cela aussi doit être étudié ! ».  


 













 

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