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Ressources sous-marines : l'Institut de Recherche et de Développement en mission à Wallis et Futuna

Une mission de l'IRD arrive vendredi 7 septembre 2018 à Wallis et Futuna. Elle vient informer sur les ressources minérales dont les fonds marins de Futuna sont riches. Informer, expliquer, échanger avec la coutume, élus et habitants avant de décider toute exploitation.

Nodules polymétalliques dans les eaux de l'île de Minamitorishima au Japon © AFP
© AFP Nodules polymétalliques dans les eaux de l'île de Minamitorishima au Japon
  • Par Olivier Murat
  • Publié le , mis à jour le
Les scientifiques de l'IRD sont attendus ce vendredi 7 septembre 2018 à Wallis. Ils arrivent de métropole. Ces scientifiques sont géologue, hydrologue, anthropologue et sociolinguiste. Ils passeront 11 jours sur le Territoire pour expliquer leur mission et ce qu'il en est des ressources minières sous-marines. Ils passeront beaucoup de temps à Futuna dont les fonds marins sont riches en minéraux rares.
Les Chefferies de Futuna et de Wallis ont déjà fait savoir depuis 2015 leur réticence concernant l'exploitation des fonds marins estimant qu'il ne fallait pas entre autre brader nos ressources. La coutume étant attachée et responsable du foncier. 

Rencontres protocolaires avec les chefferies, les élus territoriaux et la population sont au programme. Des rencontres directes avec les Wallisiens et Futuniens sous les fale sont prévus pour expliquer, éclairer échanger ce que sont ces minéraux rares, les impacts sur l'environnement et économiques.
Une mission d'information donc a destination des autorités et de la population sur ces ressources minérales qui regorgent de métaux rares et qui pourraient rapporter gros à La France. Selon le Préfet Jean-Francis Treffel, pour le moment rien n'est décidé quant à l'exploitation des fonds marins. Il se veut rassurant :
JEAN FRANCIS PREFET TREFFEL EXPLIQUE LA MISSION IRD

Quand on parle de ressources minières au fonds des océans, il s'agit, d'amas sulfurés, ou encore de nodules polymétalliques ou encroûtement cobaltifère

Les amas sulfurés, c’est quoi ?
(Source : IFREMER)

La formation d'amas sulfurés est une conséquence de l'activité hydrothermale sous-marine. Or ces formations constituent le principal mécanisme de concentration des métaux à la surface de la terre. Par exemple, 30 % des ressources en argent exploitées en surface ont pour origine des amas sulfurés fossiles formés sous la mer au cours des temps géologiques.
Les minéralisations hydrothermales présentent une grande variété de composition : cuivre, zinc, or, argent, cobalt, plomb, baryum, cadmium, antimoine, mercure, ... Tout dépend de la croûte océanique traversée par les eaux avant d'émerger sous forme de sources hydrothermales. Selon le contexte (volcanique, sédimentaire, continental, ...) et la localisation (fosse océanique, dorsale, plaine, ...), les métaux sont différents. On relève par exemple plutôt du chrome dans les fosses océaniques, alors que l'on trouve du cuivre, du zinc, de l'argent, de l'or et du cobalt sur la dorsale océanique.
On estime que la dimension et la richesse des dépôts actuellement connus en mer sont équivalentes à celles des mines exploitéesà terre.

Les nodules polymétallique ?
(Source : IFREMER)

Les nodules polymétalliques se trouvent au fond des océans, dans les profondeurs dites « abyssales », entre 4000 et 5000 mètres de profondeur. « Ce sont des sortes de gros galets qui agrègent les minerais présents dans l’eau », explique Lénaïck Menot, chercheur au Laboratoire Environnement Profond du Centre Ifremer Bretagne.
Constitués de manganèse, fer, silicium, aluminium ou cobalt, ces nodules sont présents en forte concentration dans l’océan Indien et l’océan Pacifique. Et dans un contexte international de hausse de la demande en métaux, leur intérêt économique est évident.
« Jusqu’à présent, la biodiversité associée aux champs de nodules était peu connue, en raison notamment des difficultés d’accès à ces régions profondes. Mais considérant le fort impact qu’une activité minière pourrait avoir sur ces zones, comprendre la distribution des espèces est essentiel.»

Encroûtements cobaltofères :
(Source : IFREMER)
Dans tous les océans reposent des concrétions rocheuses massives, pouvant parfois atteindre 25 cm d'épaisseur et couvrant des kilomètres carrés de sol marin. Au total, on a estimé que 6,35 millions de kilomètres carrés, soit 1,7 % de la surface des océans, sont tapissés de ce qu'on appelle familièrement des "encroûtements. On les trouve à des profondeurs variant entre 400 et 4.000 mètres de profondeur, sur les monts sous-marins isolés et les alignements volcaniques, au niveau des élévations sous-marines intra-plaques, ou encore dans les formations coralliennes d'anciens atolls immergés. Ces concrétions rocheuses renferment de nombreux métaux: fer, manganèse, cobalt, etc... Ce sont de véritables minerais, des ressources potentielles.
 

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