Kizuna, lorsqu'une mère et une fille écrivent ensemble

Les deux auteures de "Kizuna"
Kizuna signifie "liyannaj" en japonais. Pourquoi avoir choisi ce titre pour un recueil de poésies écrit à quatre mains ? Réponse avec l'entretien que les auteures nous ont accordé. 
Kizuna est le titre d'un recueil de poèmes, publié par Alice Cham Stanislas et Elody Stanislas. De nombreux thèmes émaillent les textes, comme celui de la nature, de l'amour, de l'identité guadeloupéenne... Un travail original, partagé entre la mère et la fille. Nous avons voulu en savoir plus. Entretien : 
 
  • Comment vous est venue l’idée de co-signer un recueil de poèmes mère/fille ?
Il m’a semblé normal de proposer à ma fille de joindre ses textes au miens quand elle m’a suggéré de publier. Un recueil mère-fille, une aventure peu ordinaire, une manière aussi de dire à la société « voyez, les jeunes, nos jeunes, c’est aussi ça ».
C'est un cadeau que j'ai toujours eu envie de faire  à ma mère, jusqu'à ce qu'elle aussi partage cette idée.  C'est un rêve que nous avons fait à deux séparément puis ensemble.

  • Comment avez-vous choisi les textes de votre recueil ? C’était un enchaînement logique ?
Les textes ont été tirés au sort, et c’est seulement à la lecture de la maquette que nous nous sommes aperçues que nous traitions quelques fois des mêmes thèmes.
Au hasard, puisqu'on ne savait pas comment se décider, les classer ou non, on a simplement décidé de les tirer au sort. C'est le fil rouge qui a choisi. 

  • Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez ressenti au moment de la parution de « Kizuna » ? Il s’agit de votre première publication, où, finalement, vous livrez aussi des pans assez intimes de votre vie. ..
Quand j’ai récupéré les premiers recueils  à la poste, j’y croyais à peine, la réalité s’est imposée lors de la présentation publique le 12 janvier à Saint-Claude, c’était presqu’irréel, entendre mes textes lus par les autres ont été  le plus grand moment d’émotions de ma vie, la découverte aussi de ma prose qui captivait les invités, les transportait sur un « arc en ciel d’émotions » ont-ils tous déclaré.
Beaucoup de fierté, du bonheur et de l'espoir, de la nervosité aussi, des étrangers allaient lire ce que je n'osais même pas dire, mais nous sommes  tous l'étranger d'un autre, et au fond, on a tous en nous une part de l'autre. J'ai aussi pris confiance en moi et cela a renforcé mon envie d'écrire. 

A gauche : Elody Stanislas, à droite : Alice Cham Stanislas

  • Vous avez choisi un mot japonais pour titre de votre ouvrage. Est-ce à dire que, pour vous, la littérature doit être tournée vers l'ailleurs ?
Non, plutôt qu'être tournée vers l'ailleurs, elle devrait juste s'ouvrir vers l'ailleurs. Les choses ne fonctionnent jamais à sens unique, mes quelques voyages m'ont apporté beaucoup, je me suis épanouie, un ailleurs peut apporter bien plus que l'évasion, et la littérature, que ce soit par la poésie ou par le roman peut très bien transmettre cela. 
Le plus important dans le choix du titre c’est la transcription : KIZUNA = liyannaj, et puis un mot japonais, cela ressemble bien à Elody, enfant tournée vers les autres…

  • Vous continuez à écrire séparément. Avez-vous d’autres projets de publication ?
L’avenir le dira, je continue la poésie, je rêve d’écrire sur les relations mère-fille, belles histoires, histoires difficiles, je suis prête à recueillir des témoignages.
Oui, je continue à écrire des poèmes, j'ai comme projet la publication de mon mémoire de master et j'ai commencé à écrire sur la Corée du Sud, un mélange de genre et de couleurs qui au fond me correspond bien.

  • Pensez-vous publier de nouveau ensemble ? 
J’espère surtout avoir ouvert la porte à Elody, mais je recommencerai si l’occasion nous est offerte, et si elle le souhaite.
Pourquoi pas ? Je pense que notre équipe mère/fille fonctionne très bien, à nous deux nous jouons avec les émotions, les thèmes, et nous trouvons l'équilibre et la complicité à travers l'écriture.
Couv kizuna from Catherine Le Pelletier