5 questions sur la grève des gérants de stations-service

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Hausse carburants : reservoir essence camion
©Réunion 1ère
4ème jour de grève des patrons de stations-service. Ces patrons refusent de négocier avec le Ministre des Outremers et le 1er Ministre conforte ce dernier.  La population est de plus en plus mécontente de la situation qui handicape le pays tout entier. Voici quelques interrogations. 

 On peut s’interroger sur la véritable finalité des patrons des stations-service qui, n’hésitent pas à bloquer la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane car selon eux, ils risquent d’être « virés » si le décret fixant les prix des carburants est publié. Ils refusent de poursuivre les négociations avec le Ministre des Outremers, mais le 1er Ministre auquel ils se sont directement adressés, n’a eu pour seule réponse que de conforter Victorin Lurel dans son rôle. Les patrons ont ainsi été « renvoyés dans leurs 22 mètres » par un gouvernement qui maintient sa ligne. En retour, les gérants de stations gardent rideaux baissés. Mais prennent-ils vraiment la mesure du blocage qu’ils génèrent ? Voici 5 points sur lesquels il nous apparaît important de s’interroger :
 

1 – Des gérants irréfléchis ?

La grève des gérants  de stations-service se passe au moment des fêtes de fin d’année. La précédente avait eu lieu au moment des épreuves du baccalauréat. Cette fois-ci, plus de 400 000 Guadeloupéens sont privés de déplacement par 108 patrons de stations-service qui affirment que leurs postes sont en danger, mais qui refusent de négocier. Est-ce vraiment raisonnable ?


2 – Epidémie sanitaire en Guadeloupe

Le chikungunya sévit en Guadeloupe, de même que la dengue. Et malgré cela, pas de carburant ? Lorsque quelqu’un est malade, faut-il systématiquement encombrer les services d’urgence et ne pas aller chez son médecin faute de moyens pour y parvenir ? Et comment faire avec la dengue et la grippe qui sévissent dans le département ? Quant aux enfants malades et personnels de santé privés de déplacement, comment comprendre cela ? 


3 – Economie en berne

L’économie de la Guadeloupe est déjà en berne du fait de la crise. La pénurie de carburant empêche les clients de se rendre dans les magasins pour y acheter des produits. Le chiffre d’affaire des commerçants en cette fin d’année est assurément moins bon encore que celui qu’ils avaient prévu. Mais les marges des gérants sont-elles comparables à celles des petits commerçants ? 


4 – Une pub qui ne sert pas

Pour l’heure les explications du calcul des prix des patrons des stations restent floues et vagues. Ils payent pourtant très cher leur publicité sur internet où, chaque internaute de Guadeloupe est assailli de publicité « explicative » dès qu’il ouvre une page sur le net. Les réactions des internautes concernant cette publicité sont négatives. Les commanditaires pensaient-ils vraiment que les nternautes auraient cautionné le blocage du pays grâce à une telle campagne publicitaire ?


5 – Tourisme en danger

La réputation touristique de la Guadeloupe est une nouvelle fois en danger. Les professionnels tirent la sonnette d’alarme : « les touristes sont pris en otages dans les hôtels, ils ne peuvent pas circuler ». Est-ce œuvrer pour le développement de la Guadeloupe que de la livrer ainsi aux critiques permanentes ? 
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