Affaire Claude Jean-Pierre : "Il y a eu une extraction violente de la voiture"

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Avocats Claude Jean-Pierre
©Olivier Duflo

Les avocats de la famille de Claude Jean-Pierre, décédé en décembre dernier, après un contrôle de police mené dans des circonstances encore troubles, ont reçu la presse ce jeudi 14 janvier à Deshaies afin de faire le point sur l'avancée du dossier judiciaire.

Deux jours après l'inhumation de Claude Jean-Pierre, les avocats de sa famille parmi lesquels Maîtres Sarah Aristide et Maritza Bernier ont pu dévoiler quelques éléments d'explication sur le contexte de son arrestation, le 21 novembre 2020, dans le bourg de Deshaies.

Très vite après les faits, la famille de la victime a déposé plainte contre les gendarmes qui ont mené l'interpellation. Elle demandait entre autres le visionnage des images de vidéosurveillance captées par les caméras placées non-loin du lieu du contrôle.

La justice a accédé à leur requête quelques jours avant l'enterrement du père de famille. L'enregistrement est venu compléter le rapport d'autopsie et amène quelques éléments au décor de l'arrestation de Claude Jean-Pierre.

Une extraction "violente"

Les avocats n'ont pas hésité à parler d'images "violentes" que la famille aurait eu du mal à supporter. Ils décrivent une extraction musclée de Claude Jean-Pierre de son véhicule, ce qui pourraient expliquer les lésions et les blessures qu'il présentait lors de sa prise en charge par les secours. Elles seraient aussi cohérentes avec le rapport d'autopsie remis à la famille et à ses avocats. 

Cependant, pour compléter le dossier, le juge d'instruction et les plaignants ont demandé un rapport d'expertise. Cela signifie que des prélèvements d'organes ont été réalisés sur le corps de Claude Jean-Pierre et des analyses, faites à Marseille, diront si les gestes révélés par la vidéosurveillance, ont été de nature, ou pas, à causer sa mort. 

Mais où sont passés les gendarmes ?

De leur côté, les associations qui ont formé le collectif de soutien à la famille, elles, s'inquiètent du silence qui règne autour du sort réservé aux gendarmes impliqués dans l'affaire. En effet, l'inspection des services a été saisie, les responsables ont été entendus, on sait qu'ils nient toute violence lors du contrôle, mais c'est à peu près tout.

Or, les associations se méfient de ce silence, car elles craignent que les deux gendarmes, en cas de responsabilité avérée, passent sous les radars de la justice.