Appel de Fort-De-France : correspondance entre Place Beauvau et Petit Paris

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Correspondance entre le ministère de l'Intérieur et le conseil départemental de Guadeloupe
Correspondance entre le ministère de l'Intérieur et le conseil départemental de Guadeloupe, le 24 octobre 2022. ©Ministère de l'Intérieur
Après la signature de l'Appel de Fort-de-France le 17 mai, un dîner de travail s'est tenu à l'Elysée le 7 septembre dernier, entre Emmanuel Macron et les élus ultra-marins signataires. Depuis, c'est par courrier que le ministère de l'Intérieur a confirmé à Guy Losbar son accord pour la mise en place d’une méthode et d’un agenda de discussions à l’horizon des 6 prochains mois.

Le 17 mai dernier, les présidents de Guadeloupe, de Saint-Martin, de Martinique, de Guyane et de la Réunion ont signé l'Appel de Fort-de-France pour demander un changement profond de la politique outre-mer de l’Etat. Par la suite, un dîner de travail a eu lieu à l'Elysée le 7 septembre dernier. Le président Emmanuel Macron a reçu une cinquantaine d’élus des collectivités ultramarines. Plus d'un mois après, le 12 octobre, le ministre de l’Intérieur Gerald Darmanin et le ministre délégué en charge des Outre-mer, Jean-François Carenco, ont confirmé dans une longue correspondance au président du département de Guadeloupe, Guy Losbar, leur accord sur un calendrier et une méthode pour faire avancer les grands dossiers de la Guadeloupe de façon concertée.

Cette démarche de co-construction des politiques publiques fait suite aux multiples interventions de Guy Losbar depuis son élection à la tête du département, après sa rencontre avec le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, en début d’année.

Guy Losbar qui n’a eu de cesse de réclamer que la relation entre l’Etat et les collectivités locales soit moins verticale, moins tutélaire, et donc davantage partenariale.

L’Etat, qui cherche sans doute à redorer son blason après des présidentielles et des législatives pour le moins difficiles dans nos territoires, a donc répondu chiche à cette demande de co-construction des politiques publiques.

Il en ressort une méthodologie qui court sur 6 mois avant la première réunion d’un Conseil interministériel de l’outremer (le CIOM) sous la présidence de la Première ministre, Elisabeth Borne, d’ici mars ou avril 2023 ; à l’occasion duquel seront prises les premières décisions.

D’ici là, neuf thèmes ont été déterminés de concert avec l’exécutif, qui feront l’objet d’autant de réunions mensuelles et de groupes de travail dédiés entre les collectivités et le Gouvernement.

On y retrouve la question des retards sur les investissements, de l’environnement, des aides au développement économique, de l’efficacité des politiques de l’Etat pour créer de la valeur, de l’inadaptation des normes, de la coopération régionale, de la culture et de la mémoire, de la fiscalité, et pour finir, des institutions.

Une méthodologie largement commentée par Guy Losbar lors de son discours liminaire de la plénière du 28 octobre à l’occasion duquel il a annoncé la réunion de la commission mixte région et département dès le 14 novembre prochain. Une commission mixte qui travaillera ces dossiers sur la base des propositions issues de la plateforme des élus, des parlementaires et de l’association des maires de début d’année.

Une base de travail de propositions chiffrées à près d’un milliard d’euros qui sera agrémentée des contributions des experts et des représentants de la société civile.

L’occasion d’effectuer un diagnostic de chacune des politiques publiques qui guideront l’avenir de la Guadeloupe dans les dix, vingt, prochaines années, et d’aller chercher les marges de manœuvres nécessaires, qu’elles soient financières ou fassent appel à de nouvelles dispositions législatives et règlementaires.

La Guadeloupe, à la croisée des chemins, a donc plus que jamais du pain sur la planche.