Conflit social : collectif et élus s'accordent sur le principe de négociations menées en deux temps

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Face-à-face entre le Collectif d'organisations en lutte et les élus de Guadeloupe - 10/12/2021
Face-à-face entre le Collectif d'organisations en lutte et les élus de Guadeloupe - 10/12/2021 ©Rémi Defrance
C'est une longue journée d'échanges qui est sur le point de s'achever, à l'espace régional du Raizet, où les élus de Guadeloupe et le Collectif d'organisations en lutte sont face-à-face. Objectif: s'accorder sur un accord de méthode, en vue des négociations. Bémol : l'Etat manque à l'appel.

Y aura-t-il un accord de méthode finalisé et signé par les parties en présence, ce vendredi 10 décembre 2021, en vue de l'ouverture des négociations et de la sortie de crise ?
Peu avant 20h00, il semblai que le dénouement était imminent. Un document était en cours de finalisation et la date du lundi 13 décembre était même avancée, pour le début des négociations. Mais à 23h00, rien n'était encore acté. Au contraire, après s'être entendus sur un préambule, une réécriture a été souhaitée par les élus, ce qui n'a pas été au goût des syndicats.

Depuis la fin de matinée, les membres du "Collectif d'organisations en lutte contre l'obligation vaccinale et la passe sanitaire et pour l'accès aux soins" font face aux élus de Guadeloupe, au sein de l'amphithéâtre de l'espace régional du Raizet, aux Abymes.
Le lancement des échanges a été compliqué ; les représentants des grévistes voulaient être une trentaine à entrer dans la salle, au lieu des 7 préconisés par leurs interlocuteurs.

Mais, depuis, les discussions sont allées bon train.

Des négociations en deux temps

Les deux parties ont choisi de négocier en deux temps.
Il y aurait donc un premier bloc les négociations, sur les thématiques jugées urgentes : la réintégration des soignants libéraux, la question des pompiers et de l’obligation vaccinale, mais aussi la répression envers les personnes récemment interpellées, lors des événements nocturnes et, enfin, la situation des familles et de la vie chère.
Dans un second temps, les autres sujets, qui nécessitent une réponse sur le long terme, seraient abordées, à savoir l’emploi, la formation, le transport, l’accès à l’eau, l’environnement, ou encore l’habitat.

En se mettant d’accord sur ces deux pans de négociations, les protagonistes de cette séance de pourparlers se sont d’ores et déjà engagées les uns envers les autres.

L'Etat appelé à participer aux négociations

La présence d’une délégation interministérielle est demandée, par le Collectif et les élus, pour toutes les questions qui sont du ressort de l’Etat. 

Seulement voilà, joint par notre rédaction, le cabinet du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a rejeté cette option :

Non, nous restons sur notre position : le ministre était sur place.

Un mandat a été donné au préfet, pour travailler sur un plan jeunesse, avec les maires : plusieurs ministères sont concernés.

Nous nous félicitons que les collectivités travaillent avec les syndicats, sur leurs revendications, sur leur champs de compétences.

Sur les nôtres, nous avons précisé ce que nous pouvons faire - cf. notre communiqué d’hier

Cabinet de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

Un communiqué dont nous vous précisions les contours dans l'article suivant, hier, et où il semble bien que le locataire de la rue Oudinot n'entend pas s'impliquer davantage et tente de préserver l’Etat des discussions de fonds :


Quoiqu'il en soit, les discussions avancent, certes doucement, entrecoupées de pauses. Elles se déroulent à huis clos et, donc, la presse n'a pu y assister.
A l'issue de cette séance, les acteurs du collectif devraient s'adresser aux militants, qui attendent impatiemment à l'extérieur de l'espace régional du Raizet.