Coronavirus : le BTP, accord ou pas d'accord?

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La fédération du BTP a organisé une commission paritaire d'urgence par visioconférence vendredi après-midi. Au programme, la situation entraînée par la crise sanitaire liée au COVID 19 et ses répercussions sociales. L'imposition des congés payés sème la discorde entre syndicats
Ce vendredi, les membres de la fédération du BTP et les syndicats se sont réunis à l'occasion d'une commission paritaire d'urgence. Parmi les points à l'ordre du jour, l'application de l'article 1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 sur les mesures d'urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos, dans le cadre de la crise du COVID 19. 
 
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Ecoutez Harry WALLACE, délégué syndical CGTG et membre de la fédération du BTP, à la sortie de cette commissaire paritaire d'urgence. Il estime qu'ils ont conclu un bon accord pour les salariés, dans ce contexte difficile. 
 
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L'UGTG ne l'entend pas de cette oreille. "Ditou, ditou, ditou". Du tout, en français dans le texte. Le syndicat, majoritaire dans la branche ouvrier du secteur du BTP, n'a pas signé l'accord.   Si les points portant sur le chômage partiel et la préparation de l'après-crise COVID 19 ne lui pose pas de problème, il rejette l'accord sur les congés payés. Le syndicat accuse le gouvernement de profiter de cette période de crise pour "permettre aux patrons de profiter comme bon leur semble des droits acquis par les salariés". Considérant que les salariés n'y sont pour rien dans cette crise, il demande "le paiement de l'intégralité du salaire dans le cadre du chômage partiel, le droit pour les salariés de disposer de leurs congés comme prévu dans le Code du travail et les conventions collectives ainsi que la fermeture de tous les chantiers pendant toute la période pandémie. L'UGTG compte dénoncer l'accord.

ordonnance du 25 mars 2020 portant mesures d'urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos
 L'article 1 de l'ordonannce du 25 mars 2020 permet aux entreprises de déroger au code du travail et aux conventions collectives. Il stipule qu'un accord d'entreprise, ou, à défaut, un accord de branche peut déterminer les conditions dans lesquelles l'employeur est autorisé, dans la limite de six jours de congés et sous réserve de respecter un délai de prévenance qui ne peut être réduit à moins d'un jour franc, à décider de la prise de jours de congés payés acquis par un salarié, y compris avant l'ouverture de la période au cours de laquelle ils ont normalement vocation à être pris, ou à modifier unilatéralement les dates de prise de congés payés.
L'accord peut autoriser l'employeur à fractionner les congés sans être tenu de recueillir l'accord du salarié et à fixer les dates des congés sans être tenu d'accorder un congé simultané à des conjoints ou des partenaires liés par un pacte civil de solidarité travaillant dans son entreprise.