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Début de l'industrie sucrière : il était une fois les hollandais

Le 28 Février 1654, un navire aborde l'île de La Guadeloupe. Il transporte à son bord des colons juifs hollandais expulsés du brésil, par les Portugais. Leur arrivée dans l’île marque le début du développement de l’industrie sucrière guadeloupéenne.

 

  • Par Steeve Prudent
  • Publié le
En 1496, la Couronne portugaise proclame l’expulsion des juifs du royaume. Si on y ajoute les exactions de l’inquisition quelques années plus tard, ceux qui ne souhaitent pas se convertir au Christianisme, prennent le chemin de l’exode. Leur destination, Madère et les Açores. Des possessions portugaises qui depuis le début du XVème siècle sont devenues productrices de sucre. L’arrivée des juifs dope cette industrie. Ils rationnalisent les procédés de fabrication et augmentent ainsi considérablement la production.

Une efficacité remarquée 

Ces excellents résultats poussent les autorités portugaises à inciter ceux qui sont devenu des experts reconnus du négoce du sucre à émigrer vers leurs nouvelles possessions brésiliennes. Durant près d’un siècle et malgré des relations difficiles avec l’Eglise catholique, ils vont faire du brésil une colonie prospère. En 1630, une partie du Brésil est conquise par les hollandais. La plupart des portugais fuient mais pas les juifs. Quand quelques années plus tard, en 1654, la région est reconquise par les Portugais, les juifs sont expulsés, sans autre forme de procès. Ils vont ainsi chercher refuge, dans les Guyanes et Aux Antilles.

L'arrivée à la Guadeloupe

Le navire qui aborde la Guadeloupe le 28 février 1654,  fait parti de ceux qui ont quitté précipitamment le Brésil.  Ce navire de 1 400 tonneaux a d’abord tenté de débarquer ses passagers à la Martinique Mais les Jésuites, ont fait pression sur Du Parquet, le gouverneur de l’époque, qui leur refuse l’asile. Son homologue de la Guadeloupe, Charles Houël, qui a un besoin urgent de développer la colonie qu’il administre, est beaucoup moins regardant.
Les juifs sont accueillis à bras ouverts. Au final près de 900 personnes, dont un tiers d’esclaves débarquent en Guadeloupe.
Pour la petite histoire, quelques jours plus tard, le Gouverneur de la Martinique, finalement revenu à de meilleurs sentiments, en accueillera environ 300.
Toujours est-il que les nouveaux arrivants se mettent tout de suite au travail sur les terres qui leur sont octroyés et peu à peu  l’industrie sucrière remplace celle du tabac. En à peine 5 ans la production est doublée.

Nouveau départ

Les français ne seront pas plus reconnaissants que les portugais. Une trentaine d’années plus tard, en 1685, la signature par Louis XIV de plusieurs des textes qui vont constituer le fameux «Code Noir», signe la fin de la présence des juifs dans les colonies françaises. Son premier article est tout entier consacré à cette question : «... Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens». Au final, les Juifs guadeloupéens partent pour Curaçao. Ils laissent dans notre île une activité sucrière désormais bien établie.

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