Une décharge au milieu des immeubles de Bergevin, à Pointe-à-Pitre

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Décharge dans la ville de Pointe-à-Pitre
Les agents municipaux déversent les déchets verts sur le site de l'ancienne école "Raphaël Jolivière" ©Jean-Marie Mavounzy
"Ce n'est pas une directive municipale", affirme un cadre de la ville de Pointe-à-Pitre. Ce sont pourtant bien des agents municipaux qui ont créé une décharge sauvage au plein cœur des résidences de Bergevin. La faute à un problème administratif et une solution de facilité.

Depuis plusieurs jours, la population du quartier de Bergevin, à Pointe-à-Pitre, est incommodée par une décharge de déchets verts, subitement apparue sur le site de l’ancienne école "Raphaël Jolivière", juste sous les balcons des résidences alentours.
Odeurs nauséabondes, prolifération de rats et de moustiques… le voisinage subi tous les désagréments qui accompagnent ce type de dépôts.

Un lieu de stockage temporaire, utilisé par le service technique de la ville

Et quelle ne fût pas la surprise des riverains de constater que ce sont les agents du service technique de la ville qui sont à l’origine de cette situation d’insalubrité !
En effet, les employés municipaux ont opté pour cette solution de facilité, pour se débarrasser des restes de végétaux, après leurs opérations d’élagage et de nettoyage. Un simple lieu de stockage momentané, selon la mairie.

Seulement voilà, on le sait d’expérience en Guadeloupe, malheureusement, les déchets appellent les déchets. Et cet amas de rebus a incité d’autres quidams indélicats à abandonner, sur le même site, des ordures de toutes sortes.
Ainsi naissent les décharges sauvages, dans nos îles…

Cette initiative de la municipalité suscite l’incompréhension des riverains, d’autant plus que le maire est un militant écologiste. Pour les habitants des immeubles de la zone, c’en est assez !

Est-ce que c’est vraiment dans une cité, un cadre de vie paisible, qu’on doit déverser tout ce qui est élagage ?

J’attends, de la part des instances de la ville de Pointe-à-Pitre, qu’elles fassent bouger les choses et qu’on nous retire ce bordel d’ici !

Youry, résident de la cité Miquel, à Pointe-à-Pitre

Du côté de la mairie, cette initiative est assumée… et regrettée :

Ça n’aurait pas dû se faire. Ça s’est fait. C’était juste temporaire, le temps qu’on ait réglé un problème administratif de bons de transport… et puis, finalement, lorsqu’on a débloqué cette affaire-là, cette mauvaise habitude, la facilité, ont fait que les agents ont continué, malheureusement, de déposer là-bas.

Nous avons demandé d’arrêter, surtout que ça ne provient pas d’une directive municipale.

Sébastien Manlius, directeur de l’aménagement, de l’urbanisme et du service technique de la ville de Pointe-à-Pitre


A (re)voir le reportage de Gessy Blanquet et Jean-Marie Mavounzy :

©Gessy Blanquet et Jean-Marie Mavounzy – Guadeloupe La 1ère

 

La CFTC appelle le sous-préfet à intervenir

La CFTC des Territoriaux de Guadeloupe (Confédération française des travailleurs chrétiens), dans une lettre datée de ce mardi 21 septembre 2021, demande au sous-préfet de Pointe-à-Pitre "de bien vouloir mettre en œuvre toutes les actions nécessaires, pour faire cesser des faits constitutifs d'un délit pénal", alors que ce "dépôt sauvage d'ordures en tous genres organisé par les services de la ville de Pointe-à-Pitre, à proximité du hall des sports Paul Chonchon" est source de "risques sanitaires", tant pour les agents, que pour les riverains.
Le procureur de la République de Pointe-à-Pitre a aussi été destinataire de cette missive du syndicat.