Haïti : les kidnappeurs des missionnaires réclament 17 M de dollars

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Voiture de police Haïti
©Valérie Baeriswyl / AFP
Le gang à l'origine de l'enlèvement de 17 missionnaires Américains et Canadiens, le 16 octobre dernier, en Haïti, réclament un million de dollar par otage, soit 17 millions au total. Les Etats-Unis ont envoyé des enquêteurs, sur place et déconseille à ses ressortissants de s'y rendre.

Des sources sécuritaires en Haïti ont confirmé, à l'Agence France presse (AFP), que les ravisseurs à l'origine de l'enlèvement de 17 missionnaires Nord-Américains, samedi 16 octobre 2021, à l'Est de Port-au-Prince, ont réclamé 17 millions de dollars, soit 1 million par otage.  

Selon les informations recueillies par l’AFP, le gang "400 mawozo" est à l'origine de ce vaste rapt ; du fait de l'impuissance des forces de l'ordre locales, ce gang contrôle la zone où circulaient, samedi, le groupe de missionnaires Américains et Canadiens,
Ces victimes appartiennent, elles, à l'organisation "Christian Aid ministries". Basée dans l’état de l’Ohio, l’institution religieuse a précisé, dans un communiqué, que ces personnes revenaient d’une visite dans un orphelinat, quand elles ont été enlevées, avec des membres de leurs familles. Dans ce groupe, on compte cinq hommes, sept femmes et cinq enfants. 

Des enquêteurs Américains sont d'ores et déjà arrivés dans le pays.

Haïti est classé comme pays en zone rouge, par le gouvernement des États-Unis, qui déconseille à ses ressortissants de s’y rendre, notamment en raison des nombreux enlèvements, précisant que "les victimes incluent régulièrement des citoyens américains".
En avril dernier, dix personnes, dont deux religieux français, avaient été séquestrées, durant 20 jours, par ce gang des "400 mawozo", dans la même région, située entre la capitale et la frontière avec la République dominicaine.
La population locale est aussi régulièrement la cible de ce type d'enlèvement. Dans le pays en crise, les cas de viols, d'agressions et d'assassinats sont légion. Mais les appels à l'aide des habitants ne trouvent écho nulle part. C'est d'ailleurs "l'absence de l'Etat", dénoncé par Centre d'analyse et de recherche en droits humains de Port-au-Prince, qui profite aux gangs armés et hyper-violents. Selon ce Centre, plus de 600 cas d'enlèvement ont été recensés, sur les trois premiers trimestres de 2021, contre 231, à la même période en 2020.