Interruptions volontaires de grossesse : un taux deux fois plus élevé en Outre-mer que dans l'Hexagone

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Carte des IVG
©DREES
Selon une étude sur les interruptions volontaires de grossesse, en France, dévoilée par le Ministère des solidarités et de la santé, 14.300 IVG ont été réalisées, dans les départements et régions d’Outre-mer, en 2019. C’est presque deux fois plus que dans l’Hexagone.
C'est ce lundi 28 septembre 2020, la Journée mondiale du droit à l'avortement... mais elle n'a de "mondiale" que le nom ! Car cette journée, née d'une volonté du gouvernement français, n'est en réalité célébrée qu'en France.

L'occasion, pour le Ministère des solidarités et de la santé de publier les résultats d'une étude sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG), dans notre pays. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).
Il en ressort que le nombre de femmes ayant recours à cette pratique est en constante augmentation. Elles sont deux fois plus nombreuses en Outre-mer que dans l'Hexagone.
 

232 244 IVG en 2019

En 2019, le taux de recours à l'interruption volontaire de grossesse a atteint son plus haut niveau, depuis 30 ans, en France.
232 244 IVG ont été enregistrées, l'an dernier. 

Si ce sont les jeunes femmes de 20 à 29 ans qui sont les plus concernées par l’IVG, l’augmentation du taux de recours est notable chez les femmes trentenaires depuis les années 2010 (...) À l’inverse, sur la même période, le taux de recours diminue chez les femmes de moins de 20 ans.

DREES

Le critère de la situation sociale joue un rôle important, puisque l'étude a permis de constater que les femmes aux revenus les plus faibles ont plus souvent recours à l’IVG.
 

Les territoires inégaux face à l'IVG

Sur la totalité des IVG pratiquées en 2019, 217.500 concernaient des femmes résidant dans l'Hexagone et 14.300 des femmes des départements et régions d’outre-mer (DROM).

Le taux de recours est à son niveau le plus élevé, depuis 1990 et atteint 15,6 IVG pour 1 000 femmes, âgées de 15 à 49 ans, en métropole et 28,2 dans les départements et régions d’outre-mer (DROM).
Les disparités territoriales en matière de recours à l’IVG sont marquées.

DREES

Les taux de recours sont, donc, bien plus élevés, dans les DROM, que ceux de la France Hexagonale. A titre de comparaison, listons les terrtitoires où davantage d'IVG ont été enregistrés :
  • 39,5 pour 1000 femmes, en Guyane (taux le plus élevé)
  • 39,1 pour 1000 femmes, en Guadeloupe
  • 28,6 pour 1000 femmes, en Martinique
  • 22,9 pour 1000 femmes, en Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • 19,4 pour 1000 femmes, en Corse
  • 18,5 pour 1000 femmes en Ile-de-France
C'est en Pays de la Loire qu'il y a eu le moins d'avortement, en 2019, soit 11,8 pour 1000 femmes.
Carte des IVG
©DREES
L'interuption volontaire de grossesse a été pratiquée hors d’une structure hospitalière, dans 41,6% des cas, en Outre-mer (contre 25,4% outre-Atlantique).
Nombre d'IVG par territoire
©DREES

Les taux sont également plus élevés pour les mineures dans les DROM, et ils le sont deux fois plus qu’en métropole.

DREES



Vous pouvez télécharger, pour consultation, l'ensemble des résultats de cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), en cliquant ci-dessous :

Interruptions volontaires de grossesse : une hausse confirmée en 2019

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