Les morts s'entassent à la morgue du CHU

coronavirus
Morgue CHU
©Jean-Marie Mavounzy
La semaine dernière, au CHU, 60 personnes ont perdu la vie en raison du Covid-19. Cette hausse de la mortalité impacte directement la morgue de l'hôpital qui est en surchauffe. Une conséquence terrible de l'épidémie.

Depuis plusieurs semaines, le CHU est en état d'urgence, la mort à grande échelle fait désormais partie du quotidien des soignants. Les corps s'entassent par dizaines dans les couloirs de la morgue. Le service déborde et les chiffres sont effrayants.

Nous n'avons jamais eu des chiffres pareils, mais surtout un turn-over pareil. Au moment où je vous parle, les services des pompes funèbres ont pris en charge 10 corps pour les enterrements, mais nous en avons déjà 10 qui doivent descendre des étages, et quatre nouveaux doivent encore arriver.

Tania Foucan, vice-présidente comité médical du CHU

 

Il faut donc trouver des solutions et créer de nouveaux espaces pour accueillir celles et ceux qui n'ont pas été épargnés par la maladie. Pour palier le manque de place, deux conteneurs ont été positionnés dans le parking, les pompiers de paris ont installé trois morgues éphémères de 12 places, autant d'installations qui témoignent de la violence de la vague épidémique.

La vague est là, il n'y a pas grand chose qui pourra l'arrêter, on est trop haut. Il faut que les gens restent chez eux, évitent de répandre le virus. C'est une catastrophe.

Tania Foucan

Les personnels sont à bout de force après 18 mois de crise sanitaire, l'équipe de direction, la cellule de crise tentent de contenir au mieux les conséquences liées à cette pandémie. Ouvrir des lits de réanimation, des places en médecine infectieuse, mobiliser les équipes sont des tâches journalières mais le constat reste implacable. 

Sur les dernières 24 heures nous avons compté 15 décès. Ce qui est triste c'est que ce sont autant des personnes jeunes que des personnes âgées. Je le répète encore une fois et je ne le dirais jamais assez, des personnes âgées qui auraient du être vaccinées depuis janvier. Tout cela me rend un peu amer par rapport à l'ambiance dans le pays, cette polémique autour du vaccin qui se traduit par des morts. 

Gérard Cotellon - Directeur du CHU

Cela dit il faudra rapidement lever les doutes, les inquiétudes et les peurs engendrées pour permettre à chaque Guadeloupéen de faire un choix éclairé et d'agir en responsabilité, car pendant ce temps les pertes humaines se comptent par dizaines chaque jour et l'émotion prend le pas sur la raison.

Pour (re)voir le sujet de Gilbert Pincemail et Jean-Marie Mavounzy